mercredi 19 juin 2024
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Hassan Mousli : « Un rêve d’enfance devenu réalité : avoir un cheval et un berger allemand »

Hassan Mousli : « Un rêve d’enfance devenu réalité : avoir un cheval et un berger allemand »

Basé en Charente-Maritime, Hassan Mousli s’est très vite imposé comme une figure incontournable des courses de pur-sang arabes, tout comme son étalon maison, Azadi. Il revient pour nous en dix points sur son histoire, à cheval entre la France et la Syrie.

Culture – Le premier cheval que nous avons acheté avec mon père en 1970 à Damas, en Syrie, était une pouliche arabe nommée Farha (Bonheur). Pourquoi le cheval arabe et pas un autre ? Je pense qu’autour de chaque race de chevaux, il y a une culture. Ma culture d’origine est l’arabe, ma culture d’adoption est le français, et c’est en France que j’ai trouvé un milieu propice pour travailler avec les chevaux.

Partage – J’ai partagé cette culture avec des amis arabes et français, notamment Jean-Claude di Francesco, auteur d’un grand ouvrage sur l’histoire du cheval arabe dans le monde, qui mérite non seulement d’être lu mais aussi d’être étudié.

Rencontres – Je suis venu m’installer en France en 1981. Le cheval m’a permis de faire de belles rencontres. Elles ont compté pour moi et ont participé à faire de moi un éleveur chanceux de chevaux arabes de course. Parmi ces personnes, madame Renée-Laure Koch, alors éleveuse de chevaux arabes de show, dont j’ai fait la connaissance au salon du cheval en 1983. Monsieur Faiz Al Elweet, devenu mon associé, mon ami Gérard Bossuyt et sa famille, éleveurs de vaches en Normandie, qui ont pris soin de mes trois premières poulinières durant presque deux ans.

Débuts – L’acquisition de la jument Kerra (Kesberoy), propriété de monsieur Faiz Al Elweet, m’a permis d’entrer dans le monde des courses de pur-sang arabes et de faire la rencontre d’Arnaud Chaillé-Chaillé, à l’époque jeune entraîneur, avec qui j’ai travaillé durant de nombreuses années. Avec cette jument, nous avons vécu des moments importants qui ont permis de positionner l’élevage français de pur-sang arabe de course comme un des meilleurs au monde, en allant courir et gagner en Angleterre et aux États-Unis sous la selle d’Olivier Trigodet.

Confiance – Olivier Trigodet a monté tous mes chevaux, entre autres Al Sakbe (Kesberoy) et Saklawi Jadrane (Kesberoy), jusqu’à ce que Thomas Fourcy rejoigne l’écurie d’Arnaud Chaillé-Chaillé et devienne le jockey qui montait mes chevaux le matin et l’après-midi. Il a eu toute ma confiance lorsqu’il s’est installé comme jeune entraîneur. Par son talent, Thomas a permis au trio Mousli (éleveur), Fourcy (entraîneur) et cheikh Joaan bin Hamad Al Thani (Al Shaqab Racing) d’accomplir des performances qui ont fait le bonheur de tous. Je suis heureux de collaborer encore aujourd’hui avec Thomas Fourcy. Un soutien mutuel qui, je le souhaite, nous permettra de vivre à nouveau des moments forts comme avec Al Mourtajez (Dahess), Al Nachmiya (Azadi), Alsaker (Af Albahar), Al Mouwaffak (Azadi), et d’autres encore. Des chevaux exceptionnels qui ont marqué l’élevage français.

Famille – Un grand nombre de personnes ont eu une influence sur ma carrière d’un point de vue technique et par leur soutien. Tout particulièrement mon épouse, Nejma, mes enfants, Aimane, Youmna (membre de l’équipe Al Shaqab Racing pour les pur-sang arabes en Europe) et Yamane, qui m’ont tous les quatre suivi et soutenu dans mon rêve fou d’éleveur.

Connaissances – Le cheval m’a permis de rencontrer des personnes qui ont partagé avec moi leurs connaissances, et qui pour certaines, travaillent encore aujourd’hui à mes côtés. Monsieur Jean-Paul Hillairet, madame Fanny Texier-Emanuelli et le docteur Jean-Marie Betizeau, vétérinaire qui suit mon élevage depuis bientôt 25 ans. Je suis reconnaissant envers toutes ces personnes, et bien d’autres encore, qui m’entourent et qui ont, chacune à leur façon, participé au développement de mon élevage et ma carrière d’éleveur. Je souhaite que l’avenir me permette de faire encore de nombreuses rencontres et que le rêve se poursuive.

Juments – Au-delà des personnes qui m’ont soutenu, je n’aurais pas pu faire partie de ces chanceux éleveurs de pur-sang arabes sans ces juments : Flamme de Syrah (Passem), Aiglantine (Baroud III), Morgane de Piboul (Djourman), Fatzica (Fatzour), Djeiran (Hamdani) et Jakkarta (Kesberoy). J’ai eu l’occasion d’exploiter plusieurs lignées et non pas une seule comme cela arrive souvent dans les élevages. Chacune de ces juments a une histoire. C’est l’observation des chevaux depuis ma jeunesse qui a m’a conduit à choisir ces poulinières et à les croiser d’après leur personnalité et leur modèle, pas seulement la connaissance de leur pedigree.

Reconnaissance – C’est un honneur pour moi que leurs produits aient porté les couleurs de la Cavalerie Royale d’Oman, celles du cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, de Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, du cheikh Hamdan Al Maktoum, du cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, qu’ils aient gagné de grandes courses de Groupe dans le monde et soient devenus des étalons de renommée internationale. Parmi eux, Al Mourtajez, Al Mouwaffak, Al Sakbe, Jabal Kassyoun (Burning Sand)…

Rêver – J’ai consacré ma vie aux chevaux. J’ai toujours enseigné à mes jeunes stagiaires que pour faire ce travail, il faut être patient et passionné ; que pour être éleveur, l’homme doit être au service du cheval et non pas l’inverse. L’élevage est un investissement personnel. Il est fondamental de passer du temps avec ses chevaux pour leur apporter ce qu’il y a de mieux. Chaque poulinage a été et sera un moment privilégié ainsi qu’une source d’émotions. J’ai passé des nuits entières à surveiller mes juments pour être sûr d’être présent le moment venu et que la mise-bas se passe dans les meilleures conditions. L’élevage, c’est une attention de tous les instants. L’éleveur est d’abord un rêveur…

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