vendredi 23 février 2024
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Edito eleveurs

L’une des grandes forces de la France – contrairement à nos pays voisins – c’est donc que le rêve d’élever, de créer un haras ou de se lancer dans l’étalonnage apparaît comme possible (prix de la terre réaliste, primes… ). On voit d’ailleurs clairement que, dans notre pays, beaucoup d’étrangers viennent avec un projet d’élevage, plus qu’avec une ambition de propriétaire stricto sensu.

Dans le même temps, on constate aussi qu’un nombre significatif de propriétaires de notre pays – petits ou grands – ont progressivement emprunté le chemin de l’élevage. Un voyage long, difficile et souvent aussi coûteux que le propriétariat. Au cours de la saison 2022, seulement 41 % des yearlings européens se sont vendus pour l’équivalent du prix de saillie officiel auquel ils ont été conçus, majoré d’environ 22.500 € (le coût de production). Cela veut dire qu’en Europe, quasiment 60 % des yearlings se vendent à perte ou sans profit.

Par Adrien Cugnasse

ac@jourdegalop.com

Le rôle des éleveurs dans le nombre de partants

Les conditions de l’élevage en France permettent de fixer dans notre pays beaucoup d’investisseurs, qu’ils soient français ou étrangers, qu’ils soient petits ou grands. Et les vingt premiers éleveurs du classement actuel en plat représentent aussi 765 partants en 2023 dans la colonne des propriétaires. Cet espoir de lancer un élevage en France représente un levier considérable pour stabiliser une population de chevaux à l’entraînement. Quand l’élevage français est en forme, quand il attire, quand il est économiquement en réussite, quand il s’exporte… il y a des conséquences positives pour l’entraînement et l’ensemble de l’écosystème. L’exemple de la filière du pur-sang arabe en atteste : grâce à la réussite de notre programme de jeunes chevaux issus de notre élevage, les effectifs de cette race à l’entraînement ne cessent d’augmenter. On a même dédoublé des épreuves pour pur-sang arabes cette année, ce qui aurait semblé inconcevable il y a encore quelques années.

Et si l’on veut améliorer les choses ?

L’éleveur, au même titre que le « pur » propriétaire, est un client à part entière pour notre filière. Il est assez saisissant de voir comment la Breeders’ Cup le traite avec égards. Après la victoire d’Unquestionnable (Wootton Bassett) dans la Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr1), le nom de ses éleveurs a été mis en valeur sur l’écran géant de l’hippodrome. La famille Vitse a été parfaitement reçue, avec des badges pour accéder aux écuries, au rond, à la pelouse, et même à une loge en tribune. Faisons de même en France ! Le jour des grandes courses françaises, imitons les Américains* ! Facilitons-leur l’accès aux écuries et au rond. Offrons-leur un trophée aussi beau que celui du propriétaire. Donnons-leur une raison de revenir aux courses, avec leurs amis et leurs employés. C’est le moins que l’on puisse faire car sans eux, il n’y aurait pas de courses.

* Imitons les Américains… plutôt que les Anglais ! À Royal Ascot, les éleveurs sont très peu considérés. Aussi, puisque nous sommes dans le bassin concurrentiel de l’Angleterre (et de l’Irlande), profitons-en pour montrer aux éleveurs européens que la France est le meilleur pays pour être célébré lorsqu’un de nos élèves dispute une grande course !

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