vendredi 23 février 2024
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Nicolas de Chambure : « Nous devons être notre premier soutien »

Nicolas de Chambure : « Nous devons être notre premier soutien »

Le Prix Magalen Bryant – Prix Bournosienne (Gr2) est de nouveau sponsorisé par le haras d’Étreham en 2023. Le soutien du haras s’étend au-delà du Gr2 à l’ensemble de la filière des femelles en obstacle, si importante pour l’élevage, comme nous l’explique Nicolas de Chambure, directeur général du haras d’Étreham.

Jour de Galop. – Quelles sont les actions mises en place par le haras d’Étreham autour du Prix Magalen Bryant – Prix Bournosienne cette année ?

Nicolas de Chambure. – Nous avons resigné pour être sponsor de la course l’an dernier pour une durée de trois ans. Le haras d’Étreham organise de nouveau un réceptif samedi à Auteuil, qui va nous permettre d’accueillir les éleveurs et les acteurs de l’obstacle au sein de ce grand week-end. Nous avions débuté notre collaboration avec France Galop en sponsorisant les belles épreuves de la filière des femelles de 3ans en obstacle et cela a évolué avec le temps. Le haras d’Étreham associe désormais son nom uniquement au Bournosienne, mais apporte son soutien à l’ensemble de la filière des femelles, soit aux six Groupes qui leur sont réservés, en offrant des saillies à l’entourage des gagnants. Nous avions choisi de continuer le partenariat en l’élargissant et nous sommes d’autant plus heureux que, dans la foulée de ce partenariat, France Galop a mis en place une prime pour les femelles. Tout ceci permet d’encourager les éleveurs et propriétaires à les valoriser davantage en course, ce qui a un effet positif aussi pour les ventes et pour les partants. Il y a toute une dynamique positive qui est mise en place.

Contrairement à la Grande-Bretagne et à l’Irlande – qui ont constaté que nombre d’éleveurs ne couraient pas les pouliches et juments « National Hunt » et ont voulu les inciter à le faire – la France ne propose pas de Gr1 pour seules femelles en obstacle. Est-ce quelque chose qui reste à l’ordre du jour ou cela pourrait-il être un problème dans la construction et la sélection du programme ?

L’Angleterre et l’Irlande sont en avance sur le plan des Grs1 réservés aux femelles dans les grands meetings. Nous avons, en France, quelques Grs3 pour les 3ans et les femelles d’âge plus le Bournosienne qui est un Gr2 pour les seules pouliches de 3ans. À partir de 4ans, elles n’ont pas d’options au plus au niveau et doivent rencontrer les mâles. Si on parle de passer le Bournosienne en Gr1, le problème qui se pose est la concurrence avec le Cambacérès et on nous oppose que nous manquons de jeunes chevaux. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible d’offrir aux femelles leur Gr1 : ce pourrait être pour les 4ans ou bien pour les 5ans et plus… Il faut souligner que France Galop se fait un point d’honneur à maintenir des ratings élevés pour les Groupes en obstacle, ce qui est très bien. Il faut que ces courses possèdent une vraie valeur pour les pedigrees et la sélection. C’est un équilibre à trouver entre le développement de la filière par l’ajout de courses black type et le maintien de la valeur et des ratings. Avoir un Gr1 pour femelles est certainement une évolution logique à terme et cela devra se faire de manière naturelle.

Le haras d’Étreham sponsorise, en obstacle, le Prix Magalen Bryant – Prix Bournosienne et soutient la filière des femelles en obstacle. On note que la course est la seule des 48 heures de l’obstacle à avoir un sponsor. Cela vous surprend-il ? De plus, vous êtes aussi présent en plat avec le sponsoring du Jean Prat. Est-ce important, pour vous, d’être présent dans les deux disciplines ?

Il y a un vrai dynamisme en obstacle et j’espérais que notre association avec le Bournosienne puisse déclencher d’autres partenariats pour France Galop. Je constate que cela met un peu de temps à arriver. Il y a des tas de choses positives qui se passent mais nous constatons que nous avons des difficultés depuis quelques années à attirer des acteurs extérieurs pour des sponsors. Nous dépendons beaucoup d’investissements en interne et si nous ne sommes pas capables de soutenir et de valoriser nous-mêmes notre filière, il sera d’autant plus difficile de convaincre des acteurs extérieurs de le faire. Nous devons être notre premier soutien et, avec le haras d’Étreham, nous essayons de le faire avec nos moyens et à notre niveau.

Du côté de vos étalons d’obstacle, le haras d’Étreham propose l’ultra-confirmé Saint des Saints, le confirmé Masked Marvel… Et beaucoup de jeunes sires !

Masked Marvel (Montjeu) est apprécié aussi bien par les Français que par les Anglo-saxons, il fait des chevaux qui durent. Quant à Saint des Saints (Cadoudal), il va très bien et va de nouveau être limité à 50 ou 60 juments en 2024. Nous avons aussi Goliath du Berlais (Saint des Saints) qui va avoir ses premiers 3ans l’an prochain. Il a été très soutenu, complet à chaque saison de monte, et nous avons vraiment hâte de les voir en piste. Nous avons beaucoup d’attentes avec lui. Paradiso, le premier fils de Kapgarde au haras, aura quant à lui ses premiers foals l’an prochain. Nous les attendons avec impatience. Parmi nos jeunes étalons, certains ont fait leur carrière en plat. Ces chevaux ayant brillé sur 2.000m ou 2.400m ont souvent fourni d’excellents chevaux d’Auteuil et, en France, nous constatons la présence de beaucoup de sires passés par l’obstacle. Nous avons donc également rentré des profils venus du plat, comme Latrobe – un fils de Camelot, lui-même par Montjeu dont on connaît la réussite de son sang en obstacle et qui apporte un peu de sang –, ou encore Wonderful Moon et Pretty Tiger, tous deux fils de Sea the Moon (Sea the Stars et une mère allemande par Monsun). Les éleveurs sont à la recherche d’un parc étalon équilibré et d’options variées pour leurs poulinières et nous souhaitons répondre à leur demande.

Pretty Tiger entre au haras de la Tuilerie pour le haras d’Étreham en 2024, en association avec le haras de Cercy. Pourquoi cette alliance ?

Nous détenions déjà Wonderful Moon avec le haras de Cercy et l’étalon est d’ailleurs là-bas. Nous poursuivons donc ce partenariat avec eux car nous étions tous deux intéressés par le profil de Pretty Tiger. Ainsi, grâce à cette rotation, il y aura toujours un fils de Sea the Moon disponible dans le Centre et en Normandie. Chaque année, Wonderful Moon et Pretty Tiger alterneront les locations. On peut dire que nous sommes concurrents avec Cercy… Mais cela n’empêche pas de travailler en bonne intelligence, au service des éleveurs !

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