jeudi 13 juin 2024
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Directeur général : expérience, expérience, expérience

Directeur général : expérience, expérience, expérience

Mayeul Caire

mc@jourdegalop.com

Le futur DG de France Galop devra être hyper expérimenté dans le job. Ses trois qualités principales ? Une connaissance professionnelle des courses, une expérience du contact avec les socioprofessionnels et une indépendance intellectuelle totale.

Hier, nous vous disions que nous reviendrions sur la question du directeur général. Le cas est tout sauf neutre, car France Galop se prépare à perdre, en moins d’un mois, son président ET son directeur général : Édouard de Rothschild quittera ses fonctions le 12 décembre, laissant derrière lui 16 ans d’expérience dans le poste ; Olivier Delloye rejoindra Arqana probablement fin janvier, après huit ans dans la fonction. La déperdition (24 ans cumulés ! ) est réelle et va devoir être compensée rapidement. Du côté du futur président, les trois candidats peuvent revendiquer un (Guillaume de Saint-Seine) ou plusieurs (Louis de Bourgoing) mandats d’administrateur, et même de vice-président dans le cas de Jacques Détré. Ils ne sont donc pas novices… mais ils n’en demeurent pas moins “nouveaux” dans cette fonction si particulière – et par définition unique – qu’est la fonction présidentielle.

Cette relative inexpérience nous amène très directement au cas du futur DG : si l’on considère que France Galop fonctionne le mieux lorsque le président et son DG forment un tandem hyper soudé, voire fusionnel, alors il nous semble logique et souhaitable que le futur président choisisse comme bras droit un homme qui aura le plus d’expérience possible (pour compenser sa relative inexpérience). Quelqu’un qui est depuis plusieurs années salarié dans le cadre de la direction générale de France Galop ou d’une de ses filiales.

Vous connaissez la plaisanterie ?

– Quels sont les trois critères pour réussir dans le commerce ?

– L’emplacement, l’emplacement et l’emplacement.

Eh bien si l’on évoque le futur DG, l’on pourrait dire :

– Quels sont les trois critères pour choisir le futur DG de France Galop ?

– L’expérience, l’expérience et l’expérience.

De quelle expérience avons-nous besoin ? D’abord d’une véritable expérience des courses à titre professionnel. Et quand nous disons cela, nous voulons faire la différence – abyssale – qui existe entre quelqu’un qui est propriétaire ou éleveur par passion, à titre de hobby… et quelqu’un dont le métier est de travailler dans l’Institution. La différence d’expérience acquise (on dit qu’il faut 10.000 heures pour maîtriser un art) est de plusieurs milliers d’heures chaque année. Et quand on œuvre plusieurs années dans l’Institution, l’expérience acquise se compte en dizaine de milliers d’heures. On l’a vu dans le passé, lorsque la société-mère a fait appel à des DG extérieurs ou semi-extérieurs aux courses : il est impossible de diriger France Galop sans une PARFAITE connaissance de TOUS les aspects des courses, du programme aux finances en passant les acteurs. Aimer les courses ne suffit pas pour tenir la barre.

La seconde expérience requise, c’est celle du contact avec les professionnels des courses : qui n’a pas été amené à gérer cela – surtout par temps de crise, et la crise commence parfois par une simple “coursette” que France Galop a l’outrecuidance de déplacer de trois jours ou de vingt kilomètres (je plaisante bien sûr) – ne sait pas à quel point les relations peuvent être parfois orageuses entre la maison-mère et les acteurs des courses. Être DG de France Galop, c’est aussi cela. Gérer les égos. Et quoi de mieux, pour cela, que de gérer les demandes – positives ou négatives – depuis plusieurs années déjà ?

Enfin, et c’est selon moi le troisième prérequis, le DG de France Galop doit être d’une intégrité absolue – car dans les faits, les sollicitations des uns et des autres sont permanentes et personne n’aime refuser un service à un ami. Il doit être d’une indépendance intellectuelle totale, pour ne pas se laisser intoxiquer par le premier venu. Et il doit avoir de vraies convictions – forgées par ses années à vivre l’Institution aux premières loges – pour prendre facilement et rapidement les bonnes décisions (et il faut en prendre des dizaines chaque jour à ce poste).

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