mardi 18 juin 2024
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Jushua Tree, le hit de Yannick Fouin

Jushua Tree, le hit de Yannick Fouin

Grâce à Jushua Tree (Bold Eagle) et accompagné de ses associés – le Belge Jan Kumpen (écurie Olmenhof), Hugues Rousseau qui en est également l’éleveur, ainsi que Jean-Michel Bazire, son entraîneur –, Yannick Fouin vit actuellement une histoire incroyable… En onze sorties, Jushua Tree a remporté dix courses, dont la plus belle de samedi à Vincennes, le Prix Bold Eagle (Gr1).

Rose Valais

rv@jourdegalop.com

Jour de Galop. – Comment cette association est-elle née ?

Yannick Fouin. – Cette aventure est un peu arrivée comme un cheveu sur la soupe… Je ne connaissais pas bien Hugues Rousseau. Un jour, aux ventes, alors que je présentais Rivière d’Étel (Martaline), il a souhaité que l’on s’associe sur elle. Il détient un très bel élevage, un superbe site et cela pouvait être le début d’une belle aventure au galop. La jument débute à Clairefontaine en juillet de ses 3ans et ce jour-là, Hugues vient accompagné de Jan Kumpen. Lors du déjeuner, il me le présente et m’annonce qu’il a vendu à l’écurie Olmenhof 50 % d’un cheval. Il poursuit en m’indiquant que Jean-Michel Bazire détient 25 % de ce cheval et lui, le reste. Il me propose de prendre 10 % de sa part. Il s’avère que c’était Jushua Tree (Bold Eagle). Je n’avais jamais vu le cheval mais j’ai accepté. C’est une histoire d’amitié et de chance et, finalement, les courses c’est cela !

Est-ce votre premier représentant au trot ?

J’avais déjà eu un trotteur en association avec un ami. Nous l’avions acheté yearling aux ventes mais il n’était pas très bon… Malheureusement, dans le trot, il y a beaucoup plus de risque de tomber sur un “mauvais” cheval. Je n’ai pas en mémoire le chiffre exact, mais entre les naissances et les chevaux qualifiés, je ne suis pas certain qu’il y ait 50 % de chevaux qui voient un hippodrome ! C’est vraiment magnifique ce que nous fait vivre Jushua Tree, une apothéose ! C’est vrai, il existe une certaine part de chance mais il faut surtout être bien entouré. Je commence tout juste à croire que nous avons un cheval d’exception. En obstacle, je suis habitué à faire le dos rond : nous pouvons avoir un champion et tout perdre du jour au lendemain. Je me suis mis dans une bulle avec Jushua Tree.

Le Prix d’Amérique est-il désormais un rêve ?

Il y a encore peu de temps, on me parlait de courir le Prix d’Amérique (Gr1) avec lui. Officiellement, il a 5ans mais officieusement, comme il est né tardivement, il n’en a que quatre. Faire l’impasse cette année est une sage décision que je respecte. Il aurait affronté des chevaux autrement aguerris. Les bonnes courses restent à venir et nous devons le préserver. Dans la vie, il ne faut pas essayer de tout gagner sur un coup ponctuel, mais plutôt durer. C’est ma politique de départ ! Cela fait plus de 15 ans que je suis dans le top 10 des entraîneurs d’obstacle. Je peux toujours mieux faire mais je ne me plains pas. Pourvu que cela dure !

Avez-vous plus de pression en tant qu’entraîneur ou comme propriétaire de Jushua Tree ?

J’ai plus de pression en tant qu’entraîneur, mais samedi, j’ai vécu un très grand moment. J’ai senti une adrénaline très importante, c’était vibrant ! Il est difficile de retrouver cela ailleurs. J’ai un peu d’expérience mais c’était émouvant et cela fait plaisir ! Bien que nous ayons l’habitude, j’étais vraiment de l’autre côté de la barrière, en tant que propriétaire. À Vincennes, il y a une osmose particulière… Jushua Tree est le meilleur de sa promotion et il commence à être suivi. Il y a eu certains instants de silence autour du cheval qui étaient remarquables. Il y avait également pas mal de fans, qui se sont ajoutés à notre grande équipe de propriétaires. Ce sont de très bons moments ! Il faut savoir les savourer… Ce matin [lire dimanche, ndlr], nous tournons une nouvelle page.

Quel regard portez-vous sur le professionnel qu’est Jean-Michel Bazire ?

Je n’ai pas eu le temps d’aller voir le cheval à l’entraînement mais je laisse faire Jean-Michel ! Je préfère me mettre autour d’une table pour en parler avec lui. Et encore, nous avons dîné ensemble quelques jours avant la course et il m’a juste indiqué que le cheval allait très bien. La conversation s’est arrêtée là… Ça me suffit, on se comprend. Avant d’avoir Jushua Tree, nous avions de bonnes relations humaines sans être des amis de longue date. Pour moi, il est un modèle à suivre. Il a un très bon œil avec les chevaux. C’est un très grand travailleur, il façonne ses pensionnaires de A à Z.

Connaissez-vous l’histoire du nom de votre cheval ?

Hugues Rousseau a souhaité faire un rappel de l’album du groupe U2 The Joshua Tree. C’est également un parc qui se situe aux États-Unis et c’est aussi un arbre peu commun qui peut vivre dans le désert… Mais j’ai une autre anecdote ! Savez-vous pourquoi l’entité de la famille Kumpen s’appelle l’écurie Olmenhof ? Je vais vous le dire. Cela fait maintenant quatre générations qu’ils ont des chevaux et ils possèdent une ferme familiale qui s’appelle Olmenhof, bordée de nombreux… ormes. Sur les écharpes que nous portions à Vincennes, vous pouvez d’ailleurs distinguer un arbre…

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