samedi 24 février 2024
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Mathéo Viel : « Nous ne communiquons pas assez »

Mathéo Viel : « Nous ne communiquons pas assez »

Le dernier stage pour l’obtention de la licence d’entraîneur public s’est tenu du 13 novembre au 14 décembre 2023. Pas moins de onze personnes ont obtenu le précieux sésame ! Chaque jour, nous publierons le portrait de l’un de ces nouveaux entraîneurs. Nous commençons avec Mathéo Viel.

Issu du sérail puisque fils de l’entraîneur Laurent Viel, Mathéo Viel a fourbi ses armes dans les courses de poneys avant de commencer à monter en course à l’âge de 16 ans, d’abord dans le rang des amateurs puis en tant que jockey. Il a d’ailleurs obtenu le titre de meilleur apprenti en obstacle : « J’ai été contraint d’arrêter rapidement ma carrière suite à plusieurs accidents. Malgré tout, l’envie est toujours là mais, bien évidemment, la santé prime. J’aurais souhaité monter plus longtemps et j’ai ce regret. Encore aujourd’hui, je n’arrive pas à me faire à l’idée que cela soit terminé. Mais, hélas, je n’ai pas le choix… »

Une association entre père et fils

Depuis qu’il n’évolue plus dans les pelotons, le jeune homme travaille au côté de son père au sein de l’écurie familiale : « Je me suis directement lancé dans l’entraînement. C’est mon père qui m’a poussé dans ce sens afin que je puisse passer à autre chose. Cela s’est très bien déroulé et plus le temps passe, plus il me fait confiance. Il m’a vraiment donné le goût de l’entraînement… également dans l’optique de me passer l’envie de remonter en course. Grâce à l’obtention de cette licence, mon nom va désormais apparaître à côté de celui de mon père dans la colonne des entraîneurs, d’ici le mois de septembre probablement. Concrètement, cela ne changera rien pour nous puisque nous travaillons ensemble depuis trois ans maintenant. C’est très important de l’avoir à mes côtés afin de pouvoir bénéficier de toute son expérience. C’est pour cette raison que je n’ai pas souhaité m’installer seul. Cela va également me permettre de me servir de certaines erreurs qu’il a pu commettre afin de ne pas les reproduire. Le but est de s’appuyer sur ce qui a déjà fonctionné chez nous pour poursuivre sur cette lancée. »

Augmenter la qualité de l’effectif

« J’aimerais développer davantage notre effectif de plat afin d’essayer d’avoir un nombre équivalent de chevaux dans les deux disciplines. Pour ce faire, nous allons essayer d’attirer de nouveaux propriétaires. J’aimerais bien avoir quelques belles casaques au sein de l’écurie. En outre, je réfléchis à la création d’une écurie de groupe, peut-être d’ici l’année prochaine. Depuis quelques années, je me suis également intéressé à l’élevage. J’ai constitué un cheptel d’une dizaine de juments, qui ont toutes des origines. Elles sont soit black types, soit avec des performances, au minimum 100.000 € de gains. Ou alors elles ont déjà produit des chevaux de Groupe.

J’aimerais développer cela. Car, pour nous, il est difficile d’acheter des chevaux. Lorsque l’on veut de bons chevaux de course, l’idéal est de les acheter jeunes. De base, l’entraîneur n’est pas censé acheter des chevaux pour les revendre aux propriétaires, c’est aux propriétaires d’acheter et de les placer à l’entraînement. C’est pour cette raison que j’ai décidé de me lancer dans l’élevage, pour pouvoir revendre des poulains pas trop chers et correctement nés à des clients passionnés. Nous n’avons pas d’origines à l’écurie pour créer des chevaux de Groupe. Nous en avons eu, mais c’était des chevaux qui n’étaient pas destinés à cela. Je préfère prendre le risque d’aller à de bonnes saillies ; par exemple, deux juments sont actuellement pleines de Saint des Saints (Cadoudal), dont l’une est la sœur d’un gagnant de Groupe. Pour le plat, comme c’est plus onéreux, je tente d’aller à de jeunes étalons, à l’image de City Light (Siyouni). Je discute beaucoup avec Sébastien Desmontils ou Tangi Saliou qui me livrent de précieux conseils. »

Des idées pour l’avenir des courses

En tant que représentant d’une nouvelle génération, Mathéo Viel ne manque pas d’idées concernant l’avenir des courses. Que ce soit au niveau du métier d’entraîneur mais aussi concernant l’attractivité du sport : « Le stage m’a permis d’appréhender pleinement les différents aspects du métier. Je connais très bien le cheval et l’entraînement de par mon parcours, mais nous avons pu assister à des cours sur la gestion du personnel, la communication, etc. D’autres thèmes comme la relation avec les journalistes, se faire connaître, ont été évoqués. Je me suis rendu compte qu’a fortiori, actuellement, nous ne communiquons pas assez … En parallèle, je pense que nous avons des hippodromes sous-exploités, alors que des bénévoles se donnent beaucoup de mal pour entretenir les pistes. Nous avons besoin de tout type d’hippodrome pour exploiter tous les chevaux, quel que soit leur niveau. Nous avons besoin de petites courses. Concernant l’attractivité des courses, je me suis rendu au Prix d’Amérique dernièrement, alors que je connais très peu le monde du trot. Je tiens à féliciter les organisateurs qui ont été capables de réunir près de 40.000 spectateurs. Je pense que le galop devrait s’inspirer de cela… »

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