dimanche 14 avril 2024
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Nicolas Guilbert, le retour aux sources

Nicolas Guilbert, le retour aux sources

Le dernier stage pour l’obtention de la licence d’entraîneur public s’est tenu du 13 novembre au 14 décembre 2023. Pas moins de onze personnes ont obtenu le précieux sésame ! Chaque jour, nous publierons le portrait de l’un de ces nouveaux entraîneurs. C’est au tour aujourd’hui de Nicolas Guilbert, titulaire d’une licence d’entraîneur en Suisse depuis 2018.

La Suisse comme tremplin…

« J’ai passé ma licence d’entraîneur en Suisse car je devais reprendre l’écurie de personnes pour lesquelles je travaillais. Hélas, cela ne s’est pas passé de cette manière. Dès lors, je me suis installé seul, avec ma première cliente, madame Faye Schoch, une cavalière de concours qui m’a rapidement fait confiance. J’ai toujours couru en France car je suis français d’origine. Les chevaux le sont également et les allocations sont bien plus attractives. De plus, je n’avais que des chevaux de handicap et, si je les présentais en Suisse, je perdais ma priorité en France. M’installer dans l’hexagone a toujours été un objectif. La Suisse a été un tremplin. Tous mes clients m’ont suivi et notamment Ueli Aregger, Aldo Falk et Marco Cattoni. C’est un soulagement d’être désormais en France. Il y a un point qui n’est pas négligeable : il va y avoir du changement quant aux indemnités de transport. Les Suisses ont besoin de repères et, en quelque sorte, si vous me passez l’expression, ils se sont “fait avoir” pendant plusieurs années. Il était important que je m’installe maintenant en France d’autant que les courses vont assez mal en Suisse. »

… et un avenir en France

« Depuis juin 2023, je détenais une autorisation de stationnement provisoire en France, jusqu’à l’obtention de ma licence. Nous avions fait la demande afin de venir un peu plus tôt pour que ma fille ne rate pas la rentrée scolaire. Lorsque je suis arrivé, j’avais un objectif principal : trouver une écurie avec des paddocks. Mes chevaux doivent être le plus possible dehors ce qui correspond à ma façon d’entraîner. Je suis installé à Coye-la-Forêt, ce qui me donne accès à un grand panel de pistes. Je dispose d’un barn de douze boxes, d’un marcheur et de neuf paddocks. Actuellement, j’ai sept chevaux à l’entraînement. Je peux augmenter mon effectif mais j’aimerais qu’il reste à taille humaine afin que cela ne devienne pas complexe pour ce qui est de trouver du personnel. Ma femme monte avec moi à cheval. De nos jours, trouver des clients est assez délicat et, je pense, qu’il est important de travailler avec des courtiers, pour mon cas, Tina Moncorgé. Grâce à cette dernière, je suis d’ailleurs en train de monter une association de propriétaires. Depuis le mois de juin 2023, il était difficile d’aller vers de nouveaux clients puisque je n’étais pas certain d’obtenir ma licence. Désormais, tout le monde va savoir que je suis installé ici. Dans les prochaines semaines, je devrais accueillir une 2ans de l’élevage allemand de Manfred Müller, lequel est en train de faire sa demande de couleurs en France. La variété des pistes est incroyable sur ce centre d’entraînement ! J’ai toutefois dû reprendre contact avec cet environnement et y adapter ma méthode. J’ai également pu travailler un peu plus mes chevaux ce qui leur a permis d’arriver prêts aux courses. Je ne suis pas quelqu’un qui va entraîner très dur mes chevaux mais ils arrivent aux courses en étant opérationnels… »

Un CV bien garni, en France comme à l’étranger

« En France, j’ai travaillé chez messieurs Doumen et Audon pour lesquels j’ai pu monter en courses avant de partir six mois chez monsieur Gallorini. J’ai souhaité découvrir d’autres horizons et c’est pour cela que je me suis rendu en Angleterre. Chez Ian Williams, un ami qui était assistant entraîneur chez monsieur Doumen. Là-bas, j’ai également pu monter l’après-midi en obstacle. Une fois cet épisode terminé, j’ai de nouveau rejoint monsieur Doumen. Ensuite, je me suis rendu chez Son Altesse le Prince Aga Khan en tant que jockey d’entraînement, avant de travailler aux côtés de Nicolas Clément et John Hammond. Puis, l’épisode Suisse a débuté… C’est grâce à Dean Gallagher que j’ai découvert ce pays. Il s’y rendait régulièrement pour monter et j’ai eu l’occasion de le remplacer à plusieurs reprises là-bas. Des clients m’ont d’ailleurs proposé de venir monter plus régulièrement. J’ai eu la chance d’avoir un contrat en Italie grâce à cette expérience. Lorsque j’ai arrêté de monter en Suisse, j’ai réalisé deux saisons au Qatar, un peu moins d’un an en Nouvelle-Calédonie puis je me suis rendu dans le Sud-Ouest chez Damien de Watrigant, comme assistant entraîneur. Je suis ensuite reparti en Suisse pour travailler avec un ami entraîneur et j’ai recommencé à monter l’après-midi. Ensuite, j’ai passé ma licence d’entraîneur. Durant plusieurs hivers, j’ai eu la chance d’aller à Santa Anita, aux États-Unis, car ma femme et moi sommes très amis avec Flavien Prat et son épouse. Là-bas, j’ai pu travailler des chevaux le matin et cette expérience a été certainement la meilleure pour moi. L’ambiance des courses comme celle du matin est inégalable. À chaque endroit où je suis allé, je suis revenu avec des idées. J’aimerais bien développer l’entraînement au chrono mais cela est certainement un peu complexe avec nos pistes. Mais je pense surtout qu’il faut s’inspirer des meilleurs. Personnellement, mon exemple c’est André Fabre ! »

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