mardi 18 juin 2024
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Joseph O’Brien : « Notre espoir est qu’Al Riffa soit compétitif à haut niveau »

Dimanche à Longchamp

Joseph O’Brien : « Notre espoir est qu’Al Riffa soit compétitif à haut niveau »

Dimanche, Al Riffa (Wootton Bassett) va faire sa rentrée dans le Ganay (Gr1). Son mentor veut faire de cette course une rampe de lancement pour une campagne européenne, voire internationale. Il a répondu à nos questions.

Par Adrien Cugnasse

ac@jourdegalop.com

« À mon sens, le Ganay est un choix logique pour lancer la saison d’un cheval de premier plan sur les distances intermédiaires comme Al Riffa. Nous avons gagné avec State of Rest (Strasplangedbanner) en 2022, dans ce qui fut une belle campagne internationale. Nous pensons au Ganay pour Al Riffa depuis son retour à la compétition l’été dernier [il n’a pas couru durant 293 jours suite à sa victoire, à 2ans, dans les National Stakes, Gr1, ndlr]. Notre espoir, c’est qu’Al Riffa soit compétitif à haut niveau à l’international cette saison. En Europe et peut-être même ailleurs si nous choisissons de voyager. En Europe, nous avons un beau programme sur les distances intermédiaires et le Ganay constitue un point de départ parfait. C’est un cheval capable d’aller dans tous les terrains. »

Totale confiance dans le black type français

Joseph O’Brien et ses propriétaires ont acheté avec succès des pouliches françaises à l’entraînement, comme Indian Wish (The Great Gatsby), qui a remporté deux Listeds en Irlande ou plus récemment Gregarina (De Treville) et La Filomena (Lope de Vega) : « Un certain nombre de nos propriétaires sont à la recherche de retours sur investissement. Acquérir une pouliche à l’entraînement est un bon moyen d’essayer d’y parvenir tout en ayant le plaisir de courir au niveau black type. Si vous parvenez à les faire progresser et à étoffer leur C.V., il est possible de très bien les revendre. C’est une dimension du marché que nous essayons d’explorer. Lors de nos achats, nous n’avons aucun doute sur la fiabilité du black type français. Mais de toute manière, au niveau européen, le black type est dans l’ensemble solide. »

Deux personnes à temps plein pour la com

La clientèle internationale de Joseph O’Brien souligne la qualité de la communication de l’entraîneur. L’Irlandais explique : « J’ai la chance d’avoir une super équipe, à la fois dans la cour d’entraînement et dans les bureaux. Deux personnes sont en charge de la communication avec les propriétaires, dont ma compagne Tara Armstrong. C’est important car nous avons la chance d’avoir des propriétaires passionnés par la compétition hippique, des personnes qui aiment courir en Irlande mais aussi dans le monde entier. À l’heure actuelle, leurs attentes sont élevées en matière de communication. Les gens veulent se sentir impliqués, quasiment au quotidien. Et ce d’autant plus que beaucoup ne viennent qu’une fois ou deux par an ici en Irlande. Le fait de recevoir des informations, des photos, des vidéos… cela permet de garder le fil et de se sentir partie prenante de la carrière de son cheval. »

L’apogée du galop irlandais

Les allocations européennes sont relativement faibles au regard de celles que l’on peut trouver ailleurs dans le monde, mais aussi du coût d’achat ou de production des galopeurs qui est aligné sur le marché mondial. Joseph O’Brien s’est régulièrement inquiété dans les médias de la difficulté de retenir ses bons chevaux face à la vitalité du commerce international : « L’Europe des courses devrait faire une priorité de ce sujet. Il est crucial de parvenir à retenir ici les chevaux à 2ans et 3ans. Les autorités irlandaises ont fait des progrès significatifs sur la question. Cela passe par l’amélioration des allocations dans les gros handicaps et les épreuves black types. L’espoir de gains est essentiel pour stabiliser une population de chevaux de bon niveau dans un pays. » L’Irlande vit une sorte d’apogée hippique avec une domination totale sur l’obstacle anglais et de nombreuses grandes victoires internationales en plat. C’est une révolution si l’on compare à la situation d’il y a trois ou quatre décennies : « Au quotidien, le niveau des courses est ultra-compétitif ici en Irlande. Gagner un maiden est difficile, il faut un animal de niveau black type pour cela. Le niveau des pedigrees au départ parle de lui-même. C’est la même chose en obstacle. Je pense également qu’en Irlande, nous avons la chance d’avoir beaucoup de gens qui ont envie de travailler dans les courses et en particulier de monter à cheval. La crise du personnel est internationale, mais peut-être est-elle moins forte ici qu’ailleurs. Enfin, des gens venus de l’étranger manifestent l’envie de travailler en Irlande. Environ 30 % de mon équipe n’est pas irlandaise… »

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