lundi 17 juin 2024
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Le classement des étalons selon les gains est-il un bon indicateur ?

Tribune libre

Le classement des étalons selon les gains est-il un bon indicateur ?

Par Hubert de Rochambeau

Dans un récent article, Adrien Cugnasse a cité un vieil adage : « Il y a deux manières d’élever des mauvais chevaux : faire une confiance aveugle aux statistiques ou les ignorer totalement. » Cet adage résume parfaitement ma philosophie. Les outils statistiques que je propose dans les colonnes de Jour de Galop sont nécessaires pour évaluer un étalon, mais ils ne sont pas suffisants. Chaque éleveur doit les combiner avec les autres sources d’information dont il dispose.

Dans le cas des étalons d’obstacle, les éleveurs disposent de beaucoup moins d’outils que pour les étalons de plat. Le pourcentage de chevaux gagnants ou placés de courses de Groupe est totalement inopérant du fait de la différence entre les programmes outre-Manche – avec pléthore de Groupes – et le programme français, beaucoup plus sélectif.

La valeur génétique VGaei que nous calculons chaque année, à partir des average earning index, est le meilleur outil disponible. Nous avons expliqué lors d’articles précédents son mode de calcul. Une recherche dans les archives de Jour de Galop vous permettra de retrouver ces informations. À notre connaissance, un tel outil n’existe pas outre-Manche. Les étalons avec une VGaei supérieure à 89 sont exceptionnels. Entre 80 et 86, ils sont très bons, entre 75 et 79, ils sont bons, entre 70 et 74, ils sont assez bons. Rappelons que la moyenne de VGaei est égale à 65. En dessous de cette valeur, les étalons ne sont pas améliorateurs.

Le classement annuel des étalons selon leurs gains est-il un bon indicateur de leur valeur génétique ? Pour répondre à cette question, nous avons constitué un échantillon composé des vingt premiers étalons selon les gains de leurs produits en France en 2023 et les vingt premiers étalons d’après les gains de leurs produits en Irlande et en Grande-Bretagne en 2023-2024.

Quatre étalons sont communs aux deux listes. Il reste donc 36 étalons dans notre échantillon. Huit étalons sont exceptionnels. Sans surprise, il s’agit d’Authorized (Montjeu), de Doctor Dino (Muhtathir), de Martaline (Linamix), de Network (Monsun), de No Risk at All (My Risk) et de Saint des Saints (Cadoudal). Quatre d’entre eux sont encore actifs. Sept étalons sont très bons. Là aussi, peu ou pas de surprise puisqu’on retrouve Balko (Pistolet Bleu), Great Pretender (King’s Theatre), Kamsin (Samum), Kapgarde (Garde Royale), Masked Marvel (Montjeu), Shantou (Alleged) et Yeats (Sadler’s Wells). Parmi les étalons actifs, ceux présentant le meilleur rapport qualité/prix sont Kamsin et Yeats.

On trouve ensuite sept bons étalons, six assez bons et huit étalons moyens ou mauvais avec une valeur génétique inférieure à 70. Dans cette dernière catégorie, se trouvent essentiellement des étalons stationnés outre-Manche qui ont eu beaucoup de partants. La quantité leur a permis d’intégrer les 20 premiers à l’image de Court Cave (Sadler’s Wells), Getaway (Monsun), Mahler (Galileo), Shirocco (Monsun) ou encore Soldier of Fortune (Galileo).

Prenons maintenant le problème dans l’autre sens. Nous avons calculé la valeur génétique des 200 premiers étalons français en 2023 et des 200 premiers étalons irlandais et anglais. Dans cet échantillon, 255 étalons ont eu plus de 60 partants.

Parmi ceux-ci, 20 sont exceptionnels et plusieurs ne sont pas dans les vingt premiers classés avec les gains. Parmi ces “oubliés”, il faut citer Galiway (Galileo), mais aussi Sholokhov (qui vient de mourir) ainsi qu’un étalon stationné en Irlande : Jukebox Jury (Montjeu). Il présente un rapport qualité/prix exceptionnel.

On retrouve ensuite 30 très bons étalons. Parmi ceux qui sont encore en activité, sept ne figurent pas dans les 20 premiers selon les gains. Deux sont stationnés en France : Buck’s Boum (Cadoudal) et Born to Sea (Invincible Spirit). Il y a ensuite deux étalons de plat anglais, Nathaniel (Galileo) et Sea the Moon (Sea the Stars). Et enfin trois étalons d’obstacles à ne pas oublier : Blue Brésil (Smadoun), Maxios (Monsun) et Policy Maker (Sadler’s Wells).

En conclusion, les listes d’étalons classés d’après leurs gains ne sont pas un très bon outil. L’échantillon regroupant les vingt premiers contient de bons étalons, mais aussi des étalons médiocres. Par ailleurs, de très bons étalons ne font pas partie du top 20. Pour ceux qui veulent être bien informés, vous pouvez demander la liste des 255 valeurs génétiques à l’auteur (h2rocham.tlse@free.fr).

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