mardi 23 juillet 2024
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Patrick Fellous : « Il faut donner plus de pouvoir aux propriétaires ! »

Le président de l’Association des propriétaires de l’Île-de-France, du Nord et de Haute-Normandie, récemment réélu, appelle à une plus grande représentativité des propriétaires au sein de l’Institution. Il évoque aussi l’urgence de repeupler les hippodromes, avec trois axes d’action : un accueil de très grande qualité, une mise en lumière exceptionnelle des acteurs et une incitation financière pour récompenser les parieurs qui font l’effort de venir aux courses.

Jour de Galop. – L’Association des propriétaires de l’Île-de-France, du Nord et de Haute-Normandie et le Syndicat national (« Les Propriétaires au galop ») vont lancer une grande consultation auprès de tous les propriétaires. Quel est votre objectif ?

Patrick Fellous. – Concrètement, nous allons publier nos propositions de façon régulière dans Jour de Galop. Chaque intervention couvrira un thème précis, et nous proposerons aux lecteurs de réagir et d’interagir avec nous. J’ai eu cette idée parce qu’après des années de travail dans l’Institution, je suis frappé que celle-ci dialogue toujours si peu avec les propriétaires, alors que ce sont, au quotidien, les principaux contributeurs de la filière ! En fait, si je résume, on leur demande de voter une fois tous les quatre ans et ensuite, c’est terminé. Et on pourrait déjà leur demander si les modalités actuelles des élections leur conviennent.

Qu’entendez-vous par là ?

Que le mode de scrutin actuel ne mobilise pas une grande majorité des électeurs, sans doute parce qu’ils comprennent qu’ils n’élisent pas directement leurs représentants, mais des propriétaires issus de listes préalablement établies par des organisations représentatives. Et qu’ils ne peuvent pas non plus élire directement leur président.

En quoi est-ce un frein à la participation ?

Le scrutin de liste empêche des personnalités de grande valeur de se présenter et donc, éventuellement, de siéger. Certaines d’entre elles n’ont en effet pas envie de s’affilier à un parti “politique” X ou Y… et si elles l’acceptent, on leur propose rarement d’être en position éligible. Si nous étions par exemple dans un scrutin uninominal, nous pourrions faire entrer au comité des individualités qui seraient très utiles pour enrichir les débats et faire surgir des idées nouvelles. Il y a plein de gens passionnés de courses, passionnants et brillants intellectuellement. Je pense, pour n’en citer que deux, à l’économiste Christian de Saint-Étienne ou encore au journaliste Xavier de Moulins. Comment les impliquer ?

Les propriétaires sont-ils suffisamment représentés dans les instances dirigeantes ?

Aujourd’hui, tout le monde est propriétaire ! Les éleveurs, les entraîneurs… Il faut en tenir compte et augmenter par exemple de cinq le nombre de sièges réservés aux propriétaires (au sens large) au sein du comité en remplacement de cinq cooptés. Pour les propriétaires électeurs, en reprenant l’idée du scrutin uninominal, on leur demanderait de choisir quinze noms sur la liste des candidats potentiels, et ce sont les quinze candidats ayant le plus de voix qui siègeront. Bien évidemment, tous ou certains de ces quinze propriétaires pourraient appartenir à un syndicat de propriétaires et le représenter officiellement.

Faut-il maintenir des cooptés au comité ?

Bien évidemment. Pour siéger avec eux depuis 2007 à France Galop, je peux vous dire que la majorité des cooptés sont très loin de la caricature que l’on en fait parfois à l’extérieur. Ils apportent beaucoup, différemment des élus socioprofessionnels. Ils savent modérer les tensions entre les socioprofessionnels et équilibrer intelligemment les décisions.

France Galop a pourtant mené une réforme de la gouvernance récemment ?

Sans être méchant, la montagne a accouché d’une souris. La commission a mené un travail extraordinaire ; elle a énormément consulté et fait beaucoup de propositions, dont bon nombre d’ailleurs étaient issues des suggestions de notre syndicat. Et à l’arrivée, il n’en est quasiment rien resté ! Enfin, même si on peut qualifier cette réforme de minimaliste, elle a eu le mérite d’exister. Il faudra bien évidemment la poursuivre à la prochaine mandature.

Et sur les autres sujets ?

Comme je vous le disais, nous les développerons au fur et à mesure dans vos colonnes. Mais je peux déjà vous dire que la colonne vertébrale de ces interventions sera d’inventer les courses du futur pour nous adapter aux évolutions sociétales et environnementales qui ont depuis trop longtemps été ignorées. Il n’est plus possible, aujourd’hui, de ne pas agir, ou d’agir comme si nous étions dans un aquarium ou plutôt dans un scaphandrier. Il n’est plus possible de croire à l’étanchéité et à l’exceptionnalité de notre univers. Un exemple : s’il n’y a plus personne aux courses en région parisienne, même le week-end, c’est parce que l’offre de loisirs a explosé depuis les années 1980 : nous ne vivons pas en vase clos. Alors, une fois que l’on a compris cela, quels efforts faisons-nous pour rester au-dessus du panier ? Aujourd’hui : pas assez et pas les bons. Et pourtant une voie existe : regardez les Jeuxdis de Longchamp ! Quand on joue sur nos forces – un spectacle à ciel ouvert avec une forte dimension festive, ça fonctionne. Il y a une plaisanterie bien connue qui dit que pour réussir dans le commerce, il faut respecter trois règles : l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement. L’emplacement idéal nous l’avons, c’est l’hippodrome. Alors, pour attirer à nouveau du monde aux courses nous avons juste besoin de l’achalander : un accueil de très grande qualité sur les sites, une mise en lumière exceptionnelle des acteurs (hommes et chevaux) et une incitation financière (par exemple une bonification des paris) pour récompenser les parieurs qui font l’effort de venir plutôt que de rester chez eux ou dans un point de vente PMU.

Les treize administrateurs élus en 2023

Récemment, l’Association des propriétaires de l’Île-de-France, du Nord et de Haute-Normandie a renouvelé son conseil d’administration et réélu Patrick Fellous à sa tête. Voici les élus (par ordre alphabétique) : Dominique Adès-Hazan, Alain Benaïm, Benjamin Boitez, Stéphane Constantinidis, François Corda, Dominique Duperret, Patrick Fellous, Alain Kuntzmann, Annie Michel, Paul Naïm, Geneviève Neveux, Éric Puerari, Francis Teboul et Bernard Weill.

Questions interactives

1) Pensez-vous qu’il devrait y avoir plus de propriétaires élus au comité de France Galop (à ce jour, ils sont 10 au sein d’un comité de 56 membres) ?

OUI  –  NON

2) Pensez-vous que le président de France Galop devrait être élu au suffrage universel, donc par l’ensemble des membres de France Galop (à ce jour, il est élu par les 56 membres du comité, 28 socioprofessionnels élus et 28 membres délégués) ?

OUI  –  NON

Envoyez vos réponses par mail au secrétaire général de l’Association, Alain Kuntzmann : akuntzmann@yahoo.fr

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