jeudi 20 juin 2024
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L’alchimie devrait de nouveau fonctionner

VENTE D’AOÛT ARQANA

L’alchimie devrait de nouveau fonctionner

Ace Impact, Paddington, Bucanero Fuerte, Ramatuelle (K)… Les graduates Arqana ont bien travaillé pour faire monter le buzz autour de la vente d’août ! Éric Hoyeau et Freddy Powell abordent avec optimisme cette nouvelle édition de leur rendez-vous phare.

Par Adeline Gombaud

ag@jourdegalop.com

Jour de Galop. – Alors que les inspections pour la vente d’août commencent, on sent une ambiance positive et confiante dans les cours et sur l’hippodrome. Est-ce également votre sentiment ?

Éric Hoyeau et Freddy Powell. – Les signaux sont en effet assez favorables. Dans notre position, nous nous devons d’être prudents : difficile de dire qu’il y aura un hyper buzz, mais il y aura buzz !

Les résultats des chevaux vendus yearlings à Deauville sont particulièrement forts. C’est aussi un facteur d’attractivité pour votre vente phare ?

Il est vrai que nos graduates ont cette année particulièrement cartonné. Les deux meilleurs 3ans européens actuellement, Paddington et Ace Impact, ont été vendus ici. Chez les 2ans, Bucanero Fuerte a remporté le premier Gr1 européen pour sa génération, alors que Ramatuelle (K) est l’une des favorites du Sumbe Prix Morny. Ils font suite aux performances de Little Big Bear et Meditate, qui ont conclu l’année 2022 en tant que meilleurs 2ans européens. C’est remarquable !

Ces performers sont issus de familles maternelles que l’on retrouve d’année en année au catalogue d’août. Et, grâce à la fidélité de nos vendeurs, de tels updates viennent renforcer l’attractivité de notre vente…

Cette force de la vente d’août, on la doit donc aux investissements des éleveurs français ?

Oui : nos vendeurs historiques ont constitué un stock de juments et ont constamment réinvesti pour améliorer leur jumenterie. Leurs efforts sont remarquables et la réussite de cette vente est d’abord la leur. Les acheteurs internationaux se déplacent à Deauville notamment pour entrer dans ces familles en achetant des femelles… L’exemple de la sœur de Bucanero Fuerte par Dubawi est saisissant : quand sa mère, Frida la Blonde, a commencé à produire et que la famille s’est lancée, on ne peut pas dire que les éleveurs, en l’occurrence Maurice Lagasse, aient été timides dans les saillies !

Comment décrire, selon vous, le yearling parfait ?

C’est une alchimie entre le pedigree maternel, l’étalon, mais aussi le physique et la maturité du poulain, car il ne faut pas oublier que notre vente est celle qui arrive le plus tôt dans le calendrier européen…

Au niveau du sire power, si important pour une telle vente, comment situez-vous le catalogue ?

Il est très fort. Nous proposons beaucoup de produits de deux étalons phares en Europe, Siyouni et Wootton Bassett, dont il s’agira de la première génération conçue en Irlande. Parmi les têtes d’affiche, il faut aussi citer Frankel, Dubawi, Kingman, Justify, ainsi que les étalons de première production qui génèrent toujours de l’intérêt, et, dans cette catégorie, je pense aux français Persian King et Hello Youmzain, dont les foals ont été très bien reçus l’an passé, mais aussi à Sottsass.

Les yearlings ont été conçus quand la Covid était encore très présente. Pensez-vous que cela a eu un effet sur le niveau des saillies ?

Nous n’avons pas ce sentiment. En revanche, la proportion de poulains conçus en France est plus importante – et c’est une bonne nouvelle ! – grâce à l’amélioration du parc d’étalons et aussi, pour partie, en raison des contraintes générées par le Brexit pour faire voyager les juments.

Au sujet de ce calendrier que vous venez d’évoquer, il faut souligner que cette année, la vente est programmée après le 15 août, pendant le week-end du Sumbe Prix Morny. Est-ce un atout ?

La détermination de la date de la vente d’août n’est pas de notre fait : nous composons avec le programme des courses européennes, sachant que nous ne pouvons pas nous retrouver face au meeting de York. Selon les années, la position calendaire de la vente varie un peu. Cette année en effet, nous nous situons après le 15 août, pendant le week-end du Sumbe Prix Morny. Ce positionnement permet plus de confort aux acteurs, car il arrive qu’en plein week-end du 15 août les hôtels de la station soient très sollicités. C’était le cas l’an dernier. Les yearlings bénéficient quant à eux de quelques jours supplémentaires dans leur préparation. Mais nous avons aussi fait de très bons résultats avec une vente intervenant plus tôt…

Cette année, vous avez décidé de conserver le format inauguré l’an passé, avec trois jours de qualité égale. Dans ces conditions, comment s’assurer que, dès la première session, les positions des acheteurs ne soient pas trop attentistes, comme ce fut le cas l’an passé ?

Il est vrai que l’an passé, la vente avait débuté plutôt calmement. Il faut se souvenir de la canicule que nous avions subie, qui a pu jouer… Dans l’idéal, on aime avoir dès le début du catalogue une concentration de très bons sujets qui lancent la vente sur un bon rythme. Cela entre d’ailleurs dans notre processus de sélection. Au moment des visites des poulains dans les haras, nous savons déjà quelle lettre a été tirée au sort et donc comment les yearlings seront répartis chronologiquement. Un poulain issu d’un père pas forcément très à la mode et qui, du fait du nom de sa mère, serait amené à passer en tout début de vente d’août, peut être de ce fait décalé à la vente d’octobre. Mais il s’agit avant tout d’un dialogue avec le vendeur.

Ce format de trois journées égales a donc définitivement rallié la majorité des suffrages ?

Il présente l’énorme avantage de pouvoir présenter dans le même temps toute l’offre au public. C’est à la fois un vrai confort pour les acheteurs et une exposition optimale pour tous les lots des vendeurs. Les acheteurs ont joué le jeu en restant jusqu’au troisième jour : il faut dire qu’il y a plus désagréable que de devoir rester une journée supplémentaire à Deauville !

Vous étiez la semaine passée à Saratoga, cadre d’un meeting de courses et de ventes qui peuvent, de prime abord, sembler assez décorrélées de la vente d’août. En quoi est-ce important pour Arqana d’être présent là-bas ?

Il y a quinze ans, les acheteurs américains étaient rares à Deauville, et les liens entre le marché outre-Atlantique et le marché européen n’existaient pas vraiment. Tout a changé avec l’intérêt grandissant des propriétaires américains pour les courses sur le gazon, et donc pour la production de yearlings européens. On a constaté une réelle montée en puissance des achats américains à Deauville. Depuis des années, Arqana est présent à Saratoga pour promouvoir notre vente, l’élevage et les courses françaises. Et nous allons même plus loin, puisque nous affrétons un avion spécial à destination des professionnels américains !

Parlons désormais de la v.2, qui retrouve sa place en août, avec un jour “off” entre la fin de la vente d’août et le coup d’envoi de cette v.2. Pourquoi avez-vous souhaité revenir à cette organisation, après avoir proposé l’an passé deux journées de vente en septembre ?

L’an passé, il s’est avéré que l’offre proposée en septembre ne correspondait pas totalement aux attentes des acheteurs. Elle était peut-être trop importante pour garantir les standards requis. Il nous semblait donc nécessaire de revenir en août, en laissant une journée entre les deux ventes pour pouvoir effectuer les rotations de chevaux et offrir ainsi un temps suffisant pour les inspections. Celles-ci pourront donc commencer dès lundi à la première heure. Nous sommes très contents du catalogue que nous proposons, avec un sire power fort, des poulains avec du physique, de la maturité, de la précocité…

Les deux ventes s’adressent-elles réellement à deux clientèles différentes ?

Il existe des clients communs, même si la v.2 s’adresse plutôt à une clientèle française et européenne, auxquelles s’ajoutent les pinhookers. La v.2 a fait ses preuves sur les pistes. La classique Cœursamba en est issue, et les deux chevaux que nous avons choisis pour illustrer le catalogue sont un bon résumé du marché. Fang avait été acheté par Jean-Claude Rouget pour plusieurs de ses clients historiques. Angers avait dans un premier temps été acquis par Larissa Kneip en vue d’un pinhooking et, lors de la breeze-up, Mario Baratti avait constitué un syndicat autour de Thierry Delègue.

Une interview à retrouver sur le podcast JDG Radio !

Éric Hoyeau et Freddy Powell se sont aussi exprimés au micro de JDG Radio, dans un épisode spécial vente d’août Arqana.

À écouter en cliquant ici.

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