mercredi 28 février 2024
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Les 10 pur-sang arabes de course qui ont le plus marqué le parcours de Renée-Laure Koch

Les 10 pur-sang arabes de course qui ont le plus marqué le parcours de Renée-Laure Koch

Femme de cheval complète, Renée-Laure Koch a tour à tour été un éleveur, un propriétaire et un entraîneur à l’honneur au meilleur niveau. Son haras du Maury, depuis près de quarante ans, est actuellement en très grande forme. Elle nous raconte son histoire en 10 pur-sang arabes de course. 

Quelerman – « Le tout premier s’appelait Quelerman (Chéri Bibi). Le 27 mai 1985, à Tarbes, il m’a offert une première victoire chez les pur-sang arabes en tant qu’entraîneur. J’ai l’impression que c’était hier. Quelerman était monté par Robert Litt, alors jockey vedette du Sud-Ouest. Pour qu’il accepte de le monter, c’est qu’il l’avait repéré ! Avec le recul, on se rend compte que c’était une bonne origine car sa propre sœur, Amidou Douzaia (Chéri Bibi), née six ans plus tard, est devenue la grande poulinière que l’on connaît. L’origine n’avait pas l’aura qui est la sienne désormais, mais c’était un contexte différent, avec peu de courses pour les chevaux arabes. Derrière les animaux, il y a aussi des histoires humaines. Et dans le cas de Quelerman, il y a le lien avec Abel Soueges, qui me l’avait vendu. C’est une personne qui m’a en effet beaucoup apporté au niveau de la connaissance du cheval en général. Son élevage, avec l’affixe d’Espiens, était performant dans différentes disciplines. Abel Soueges m’a aussi beaucoup appris sur le plan commercial. Quand on allait chez lui, on commençait par prendre un bon déjeuner… comme chez le très grand marchand de chevaux Alfred Lefèvre, encore une personne grâce à laquelle j’ai appris. Après le déjeuner, on allait voir les chevaux. Et j’évoque ce souvenir avec le sourire car si j’y allais pour un cheval en particulier, je repartais souvent avec plusieurs ! Et avec du recul, cela s’est toujours révélé de bonnes opérations. Aujourd’hui, on prend moins le temps. Heureusement, l’Afac organise des déjeuners où les gens peuvent se retrouver entre passionnés. » 

Nevadour – « À cette époque-là, Alfred Lefèvre venait à la maison pour acheter des anglo-arabes. Il avait un œil remarquable et repérait les bons chevaux à 100m dans un herbage. Lorsqu’il en achetait, Alfred Lefèvre était l’un de ceux qui me confiaient des pur-sang arabes au travail. Ainsi, j’avais préparé Bakara (Baroud III). Et j’avais également monté son propre frère Chéri Bibi (Baroud III), lors de la présentation aux Haras nationaux en vue des achats d’étalons. La veille, Chéri Bibi avait gagné à Tarbes. En me mettant en selle, j’ai découvert un « vrai cheval » qui donnait le sentiment de ne pas avoir couru. Cela a totalement changé ma perception des pur-sang arabes de lignées françaises, moi qui étais orienté sur le show à ce moment-là. Chéri Bibi avait toutes les qualités d’un bon cheval sous la selle. À partir de là, j’ai commencé à m’intéresser aux pur-sang arabes français, alors même qu’il n’y avait aucun marché, aucune dimension commerciale telle qu’on l’envisage aujourd’hui. Il est compliqué d’expliquer pourquoi, à un moment donné de son existence, on prend un chemin plutôt qu’un autre. 

Quelques années plus tard, en 1985, soit l’année où Quelerman a gagné, j’ai acheté Nevadour (Ourour) à monsieur Dell’Ova. C’était la sœur de Bakara et Chéri Bibi. Je la revois encore dans ce champ avec une trentaine de juments : j’ai flashé sur elle. J’avais également acheté Baroud III (In Chaallah) afin de reproduire le croisement de Chéri Bibi. Nevadour m’a donné huit produits avec Baroud III, un étalon qui transmettait beaucoup de sang. 

Dans les années 1980, beaucoup de bonnes origines françaises avaient déjà disparu du stud-book pur-sang arabe. L’idée a alors commencé à germer, parmi les quelques personnes qui aimaient ces chevaux, qu’il fallait augmenter le nombre de courses pour sauvegarder ce patrimoine génétique. D’où la naissance de France Arabe Course, l’embryon de ce qui allait devenir l’Afac, avec la recherche de sponsors pour financer les courses. »

Nénuphar Al Maury – « Le 15 mai 1988, Nénuphar Al Maury (Baroud III & Nevadour) a débuté par une victoire de trois longueurs à Dax. J’étais son éleveur, son entraîneur et son propriétaire. À notre grande surprise, nous avons reçu une offre d’Oman. Ce fut notre première transaction vers les pays du Golfe. Une première qui nous a permis de réinvestir car jusque-là, j’avais un peu le sentiment que mes achats de pur-sang arabes de course, faute de marché, ressemblaient à un coup de folie. Avec la vente de Nénuphar Al Maury, c’est devenu plus viable. Nous étions un peu sur un nuage. 

Progressivement, le sponsoring est arrivé. Mais dès le départ, avec France Arabe Course, l’accent fut mis sur la dimension culturelle du pur-sang arabe, un cheval qui trouve son origine dans le Golfe. Et je me souviens d’une remise des prix organisée à l’Institut du monde arabe. Venant de notre province, demander qu’on nous ouvre cette institution, c’était un peu culotté. Mais c’est certainement le propre de la jeunesse… »

Akbar – « Akbar (Djelfor) a été élevé par Martial Boisseuil, à qui j’avais acheté plusieurs produits de Fantasia (Gosse du Béarn). C’est ainsi que j’ai entraîné Kalila (Djouras Tu) et Azihade (Djourman). J’ai donc acheté leur frère au sevrage en me disant qu’au vu de ses origines, il avait probablement un profil d’étalon. En 1992, alors qu’il avait 2ans, des courtiers m’ont demandé qu’on leur présente 20 chevaux. Ce qui n’avait rien d’évident à cette époque où l’offre était restreinte. Akbar faisait partie de ceux-là. Beau poulain, il était un peu plat et manquait d’état, si bien que je pensais qu’il ne serait pas vendu malgré son nom attractif et le fait qu’il soit bâti en cheval de course. À ma grande surprise, il fut vendu. La vie et l’élevage, c’est un long chemin avec de nombreux rebondissements : je l’ai vendu à regret, mais j’ai bien fait de le vendre car il m’a fait une très grande publicité. Ce fut l’un des rares 3ans à battre les chevaux d’âge aux Émirats arabes unis. Akbar est revenu en France, où il a bien produit malgré des problèmes de fertilité. C’est aussi un bon père de mère. »

Pavot Al Maury – « En 1992, nous sommes retournés courir en Angleterre où les courses étaient pour la première fois sponsorisées. De mémoire, il y en avait une au mois d’août et deux en septembre. Chance incroyable : en août, je gagne avec Pavot Al Maury (Manganate), et en septembre avec Braise de Ghazal (Kesberoy) et Atus de Domenjoi (Chéri Bibi). C’était vraiment l’année où il fallait gagner et le fax du bureau au haras du Maury a été très sollicité. Cela a généré de réels changements, avec une augmentation notable du nombre de chevaux que j’ai eus à l’entraînement. À cette époque-là, ma préférence allait au métier d’entraîneur. Voir les chevaux s’exprimer, les monter… c’était vraiment passionnant. L’entraînement m’a fait comprendre un certain nombre de choses au niveau de l’élevage et de la sélection. J’ai surtout appris sur le tas, avec quelques conseils de Bertrand de Watrigant et Denis Etchebest. Étant en grande partie autodidacte, je suis certainement passée à côté de certaines choses : en travaillant chez des entraîneurs performants, on apprend forcément beaucoup. »

Nectarine Al Maury – « Nectarine Al Maury (Baroud III) fut battue d’un nez dans la bonne course – à Chantilly – sous la selle de Jeanny Leclet. Elle avait donc de la qualité. Comme beaucoup dans la famille, elle n’était pas grande mais présentait beaucoup d’expression. Un peu légère, elle avait tout de même des points de force. 

Au haras, ce fut une poulinière hors normes. J’ai eu la chance de croiser beaucoup de très bonnes juments. À l’élevage, j’ai par exemple eu Managhi (Saint Laurent), la mère de Tidjani (Flipper), mais aussi Tidjida d’Albret (Tidjani), Dida Chérie (Tidjani), D’Idida (Seraskier)… Au fond, les circonstances et les résultats ont fait que c’est la descendance de Nevadour qui s’est le plus développée au sein de notre effectif. Nectarine Al Maury a une descendance impressionnante. »

Sifflet Al Maury – « Dans la vie, il n’y a pas que des victoires. Et il y a aussi beaucoup de moments difficiles. J’adorais Sifflet Al Maury (Akbar). Mais lors de sa première saison de compétition, elle a couru avec les couleurs de mon compagnon, Jean Cambon, et sous l’entraînement de Jean-François Bernard. J’étais alors très malade et donc pas en état d’assurer l’entraînement pendant une longue période. Sifflet Al Maury était petite, avec beaucoup de tempérament. J’ai toujours regretté de l’avoir vendue, mais elle est tombée dans de bonnes mains et elle a donné des gagnants. Ses victoires avaient beaucoup de valeur pour moi durant cette période difficile. Sifflet Al Maury a gagné trois courses en France et s’est classée troisième de l’Arabian Trophy des Juments (Gr1 PA). Chaque éleveur a son type de cheval. Et à mon sens, cette pouliche avait vraiment le type «Al Maury ».

Sylvine Al Maury – « Elle est belle et bonne. Dans le modèle et dans la qualité sportive, elle sortait de l’ordinaire. Sylvine Al Maury (Munjiz) avait toutes les qualités du pur-sang arabe : le chic, le modèle d’un cheval de course, la présence… Jean-François et Élisabeth Bernard ont su l’utiliser à merveille, car elle avait aussi beaucoup de tempérament. Grâce à eux, elle était dans un état remarquable. La première année, lorsque j’allais la voir à l’entraînement, je me disais que ce n’était pas gagné. Mais c’est Élisabeth, le matin, qui a réussi à composer avec elle et c’est ainsi que nous avons connu la Sylvine Al Maury qui a si souvent gagné en course. »

Nectarina Al Maury – « Nectarina Al Maury (Jalnar Al Khalediah) est une fille de Jalnar Al Khalediah (Tiwaiq), un étalon que j’avais vu chez Jean-François et Élisabeth Bernard à l’entraînement. Et il m’avait tapé dans l’œil, si bien que de longue date je m’étais promis de lui envoyer une jument. Or, quand je crois en quelque chose, j’essaye de toujours aller au bout de mon idée. Lorsque Nectarina Al Maury est née, il y a eu une polémique pendant plusieurs années sur son père, certains disant qu’il ne serait pas reconnu par le stud-book. C’est quelque chose que je n’ai jamais compris. Au fond, j’avais l’impression de retrouver le discours que j’avais entendu des années auparavant au sujet des pur-sang arabes français. Les Anglais disaient que nos chevaux n’étaient pas des pur-sang arabes. Or ils l’étaient, mais leur qualité était le résultat d’une sélection uniquement focalisée sur la course depuis des générations. J’ai donc voulu conserver Nectarina Al Maury à l’élevage – sans même la faire courir – pour aller au bout de mon idée. Je croyais tellement en elle. Ma crainte, c’était qu’elle soit bonne en course et que je ne puisse pas refuser les offres. Et d’une certaine manière, elle m’en a remercié avec deux gagnants de Groupe, Nour Al Maury et No Reply Al Maury. »

Norma Al Maury – « Ayant entraîné pour le cheikh Mohammed Al Thani au Qatar, j’ai une relation particulière avec lui. En une saison d’entraînement dans ce pays, j’ai appris comme en une décennie chez moi. Cela m’a fait voir le monde différemment. Et j’ai toujours à cœur de bien servir mes clients. Lorsque Norma Al Maury (Azadi) avait 2ans, je l’avais inscrite dans une liste destinée à Bertrand Le Métayer qui m’avait demandé si j’avais des chevaux à vendre pour Al Shahania. Je l’ai toisée, mais je n’ai pas osé insister car je me suis dit que vu sa petite taille, on n’allait pas me prendre au sérieux. C’est la raison pour laquelle elle a débuté sous mes couleurs. Norma Al Maury prouve encore fois que la taille n’est pas un signe de qualité. Surtout dans cette famille-là. »

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