vendredi 23 février 2024
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LE CHOC… ET LES EXPLICATIONS DÉTAILLÉES DU MANAGER

Rarement le transfert d’un cheval aura été autant commenté (euphémisme !). Rarement une décision aura semblé aussi inexplicable. Grâce à notre correspondant en Espagne, Jaime Salvador, nous vous présentons aujourd’hui en exclusivité l’explication détaillée du manager de la Yeguada Centurion. 

Par Adeline Gombaud

ag@jourdegalop.com

La vraie stupeur dans le cas « Blue Rose Cen », c’est que la Yeguada Centurion décide de transférer l’un de ses deux meilleurs éléments, depuis l’entraîneur qui l’a formé et qui lui a fait accomplir cette carrière incroyable, jusqu’au nouveau venu. Sans être dans le secret des dieux, la seule hypothèse plausible dans cette stratégie est de vouloir créer une compétition entre les deux professionnels, en leur donnant une « main » équivalente, ou tout au moins en répartissant au mieux les forces. Les challenger. On peut y voir une volonté de la part de Leopoldo Fernandez Pujals d’appliquer aux courses les enseignements acquis lors de sa vie de businessman. Quel entrepreneur imaginerait aujourd’hui ne travailler qu’avec un seul prestataire, qu’avec un seul fournisseur, sans se soucier des conséquences de cette exclusivité ?

Les rapports entre propriétaires et entraîneurs ont évolué, c’est un fait. Relisez l’excellente biographie de François Mathet écrite par Theresa Revay. Entre les lignes, on comprend aisément que le « patron », c’était François Mathet. L’entraîneur n’hésita pas à tenir tête à François Dupré qui lui reprochait d’avoir accepté trop de chevaux en plus des siens, notamment ceux de Suzy Volterra…

Au XXIe siècle, l’entraîneur peut être défini comme un prestataire qui apporte un service à des clients, les propriétaires. Ces derniers dirigent leur écurie comme une entreprise, et dans ces conditions, la stratégie de diversifier ses prestataires et fournisseurs semble naturelle… Tout comme un entraîneur prend moins de risques à travailler avec différents propriétaires/clients.

Qui a le plus à gagner… et à perdre ?

En prenant un peu de recul, on comprend donc que ce transfert de Blue Rose Cen s’inscrive dans un plan plus global, celui d’essayer de tirer le meilleur de deux hommes mis frontalement en concurrence. Mais si l’on s’intéresse à la pouliche elle-même, que penser de ce changement ? Christopher Head et son équipe, qui veillent sur elle depuis le début de sa carrière, la connaissent par cœur. On peut imaginer qu’il s’est organisé toute une routine autour de la pouliche pour en tirer le meilleur. Une routine qui a fait ses preuves, si l’on se base sur les résultats sportifs de la pouliche. Elle va devoir s’habituer – si ce n’est à de nouvelles pistes – à une nouvelle méthode d’entraînement, de nouveaux cavaliers, peut-être aussi une nouvelle alimentation… Si elle surmonte cela et affiche le même niveau en compétition, elle en sortira grandie, car le cheval est un animal routinier peu enclin au changement. Si l’alchimie ne prend pas, elle restera une double lauréate classique… et une super future poulinière pour la Yeguada. Celui qui a le plus à perdre dans l’histoire, c’est Maurizio Guarnieri. Au mieux, il parviendra à l’exploiter aussi bien que son précédent entraîneur. Au pire… La pression est immense pour cet entraîneur, certes d’expérience, mais qui n’a jamais eu la chance d’avoir un tel « matériel » dans ses boxes. Cadeau empoisonné ? Dans le même temps, chacun se souviendra de la copie parfaite que Christopher Head a rendue avec cette pouliche.

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