mercredi 28 février 2024
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Noel George : « C’est une publicité extraordinaire »

Noel George : « C’est une publicité extraordinaire »

On se souvient que les exploits des Doumen avaient permis au Cantilien de se constituer une clientèle Britannique. Au point d’avoir des pensionnaires de la Reine mère dans ses boxes. Et ce fut possible car François Doumen avait prouvé à la clientèle étrangère qu’il était capable de remporter les grandes courses du programme anglais. Les propriétaires anglo-irlandais de premier plan ne sont que très rarement enclins à faire une croix sur cela – et sur les grands meetings – car c’est le moteur de leur passion. Même les allocations françaises ne pèsent pas lourd à côté. Ainsi la victoire d’Il Est Français (K) (Karaktar) va constituer une carte de visite inégalable pour Noel George et Amanda Zetterholm pour attirer des clients anglais. C’est même la seule manière de véritablement y parvenir. Et ce n’est pas exactement un hasard si les jeunes entraîneurs français multiplient les tentatives ces dernières années sur les obstacles anglais. Il Est Français a brisé la glace (au niveau Gr1). Si d’autres y parviennent, cela peut vraiment changer la donne en matière d’attractivité de l’entraînement français pour une clientèle étrangère.

Tout ceci n’est pas des paroles en l’air. Et c’est d’ailleurs déjà arrivé avec un autre pays : l’Irlande. Dans le top 20 irlandais des propriétaires, quasiment la moitié sont britanniques. Le Racing Post a mené une grande enquête au mois de novembre pour comprendre cet exode (récent) des grandes casaques vers l’Irlande. Et les réponses sont limpides : les entraîneurs irlandais gagnent beaucoup de courses lors des grands festivals et au quotidien les allocations irlandaises sont meilleures. Voilà une autre chose qui a beaucoup changé entre l’époque de Baracouda (Alesso) et celle d’Il Est Francais…

Il avait le bon profil pour réussir

Noel George, co-entraîneur du champion, nous a confié : « Les retombées médiatiques ont été assez énormes. Il faut dire qu’Il Est Français a été tellement impressionnant à Kempton. Il a montré à tout le monde que les chevaux entraînés en France pouvaient dominer le devant de la scène. »  Ce succès n’a pas été sans conséquences : « Suite à cette victoire, nous avons eu de nombreux contacts. C’est une publicité extraordinaire pour le travail de notre équipe. Nous voulons prouver à tous ces clients britanniques qu’on peut avoir un cheval en France, gagner de belles allocations, mais aussi être compétitif dans les grandes épreuves anglaises. » Il Est Français n’était cependant pas le favori des bookmakers. Et au sujet du représentant du haras de Saint Voir et de Richard Kelvin-Hughes, il poursuit : « Il y a toujours une inconnue quand vous traversez la Manche, à savoir si votre cheval va s’adapter aux obstacles anglais. Mais la prochaine fois, la cote ne sera pas la même ! » 

Selon les ratings (brittaniques), Il Est Français est de très loin le meilleur gagnant du Ladbrokes Kauto Star Novices’ Chase de la décennie. Il faut aussi dire que les temps son extraordinaires. Et ce jour-là sur les « 3 miles » de Kempton, il aurait théoriquement largement dominé Hewick (Virtual) le gagnant des Ladbrokes King George VI Chase (Gr1).

Assez étonnement, le handicapeur français a donné une valeur plus faible à Il Est Français lors sa victoire à Kempton (76) que lors de son succès dans le Prix Renaud du Vivier (77). Nous avons donc demandé à Noel George qu’elle était selon lui la meilleure performance de son pensionnaire : « Je pense qu’il a été plus impressionnant à Kemtpon. Mais il faut dire qu’il courrait en bon terrain, soit les meilleures conditions pour lui. Alors qu’à Auteuil, il court dans le souple. Quoi qu’il arrive, il court toujours très bien. Dans le Ladbrokes Kauto Star Novices’ Chase, il devance Hermes Allen (Poliglote) qui est un bon cheval, déjà lauréat de Gr1. Le fait d’avoir une expérience anglaise m’a assurément aidé pour viser cette échéance. Si je n’avais pas pensé que le cheval avait vraiment le profil pour réussir… nous n’aurions pas fait le voyage. Car Il Est Français a le profil pour s’adapter. » 

Une année 2023 au-delà des espérances

« Beaucoup de grands entraîneurs français ne vont pas courir en Angleterre… car ils n’en ont pas besoin. Ils sont focalisés sur Auteuil où les allocations sont très fortes. Pour ma part, j’ai une clientèle britannique qui à d’autres attentes. Et notamment le fait de ne pas sacrifier son rêve de gloire sur les obstacles anglais. Financièrement, pour moi, cela faisait totalement sens de s’installer en France. Mais il y a d’autres avantages. Notamment le fait qu’ici on peut travailler avec de très bons éleveurs. C’est une très bonne chose.

Notre grande forte, c’est également notre organisation. Amanda Zetterholm est vraiment très douée pour sa partie et elle peut s’y consacrer à 100 %. Et en contrepartie, cela me laisse le loisir de me concentrer à 100 % sur les chevaux. Je suis persuadé que cela fait une énorme différence. En 2023, les résultats ont dépassé nos espérances. C’était un rêve éveillé. J’espère que nous ferons aussi bien en 2024. 

Honnêtement, nous avons beaucoup de chance d’avoir des propriétaires qui ont acheté de très bons chevaux pour nous les confier. Il est difficile de dire que le niveau soit plus relevé dans un pays plus que dans l’autre. Ce que l’on peut dire, par contre, c’est qu’en Irlande il y a des écuries colossales avec des moyens considérables pour acheter des très bons chevaux. Il y a beaucoup de compétitions entre les meilleurs chevaux irlandais. Alors que les meilleurs anglais ont tendance à essayer de s’éviter de s’affronter avant d’arriver sur les grosses échéances à Cheltenham. »

Dans les traces de The Fellow

Gagner à Kempton au mois de décembre n’est absolument pas la préparation “habituelle” pour viser le Grand Steeple Chase de Paris (Gr1) au mois de mai : “Nous sommes allés en Angleterre car c’était le bon moment pour lui faire découvrir les obstacles anglais. Et il sera revu à Auteuil avant le Grand Steeple. Selon moi, ce programme ne lui posera pas de problème en vue de cette grande échéance.” Si Il Est Français venait à s’imposer dans la Gold Cup de Cheltenham en 2025, ce serait un véritable exploit du sport hippique. Car il faut une qualité exceptionnelle pour être capable de triompher dans des conditions aussi différentes au meilleur niveau. Pour y parvenir, il faut un champion, un vrai. Comme le fut The Fellow (Italic), gagnant du Grand Steeple-Chase de Paris en 1991 et de la Cheltenham Gold Cup en 1994 sous l’entraînement de François Doumen. Noel George conclut : « Cela serait quelque chose d’absolument incroyable. Et nous ferons le maximum pour y parvenir. »

 

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