mardi 16 avril 2024
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Georges Nakouzi, un retour 24 ans plus tard

Georges Nakouzi, un retour 24 ans plus tard

Le dernier stage pour l’obtention de la licence d’entraîneur public s’est tenu du 13 novembre au 14 décembre dernier. Pas moins de onze personnes ont obtenu le précieux sésame ! Chaque jour, nous publierons le portrait de l’un de ces nouveaux entraîneurs. Aujourd’hui, place à Georges Nakouzi.

Les plus anciens se souviendront peut-être du nom de Georges Nakouzi. Après avoir été assistant-entraîneur, en particulier au côté de Mitri Saliba, qui a notamment entraîné le champion Green Forest (Shecky Greene), auteur à 2ans du triplé Morny/Salamandre/Grand Critérium (Grs1), ou encore In Fijar (Bold Commander), lauréat de la Poule d’Essai des Poulains en 1980, Georges Nakouzi est devenu entraîneur au début des années 1990 : « Mon père avait des chevaux au Liban. De mon côté, je suis arrivé en France en 1981 où j’ai fait mes études. J’ai toujours voulu travailler avec les chevaux, alors je suis devenu par la suite assistant-entraîneur à Chantilly. Je suis passé à différents endroits, le dernier en date étant l’établissement de Mitri Saliba, qui était à la tête de l’effectif de Mahmoud Fustok. Je le considère comme mon père spirituel, car il m’a tout appris. J’ai obtenu ma licence pour la première fois en 1991, et j’ai commencé à entraîner. C’était assez difficile à l’époque, les chevaux étaient concentrés chez une poignée de grands entraîneurs. »

Un parcours atypique

« En 2000, j’ai eu une proposition pour partir à Dubaï et j’y suis allé. Cela ne s’est pas très bien passé et je suis rentré en France au bout de quelques mois. J’ai arrêté d’entraîner et fait d’autres choses jusqu’à aujourd’hui. J’ai travaillé dans la restauration, et j’ai notamment tenu un restaurant à côté de Grosbois. Quelques amis, avec qui je suis associé sur des chevaux, m’ont poussé à reprendre ma licence. En outre, un propriétaire qatari, avec qui je suis ami, m’a également encouragé à reprendre. Il devrait me confier des chevaux. Certes, je reprends l’entraînement après 24 ans d’années d’arrêt mais je n’ai jamais vraiment quitté le milieu des chevaux. Mon fils m’a également poussé dans cette direction. J’ai dû participer à nouveau au stage pour l’obtention de la licence, ce qui était l’occasion de voir si j’étais encore bon (rires) ! J’ai d’ailleurs remarqué que la formation a beaucoup changé. Je vais reprendre des boxes à Chantilly, j’y ai travaillé longtemps et j’ai mes repères là-bas. »

Quelques anecdotes savoureuses

Aujourd’hui âgé de 58 ans, Georges Nakouzi a de nombreuses années passées dans le métier derrière lui, et son lot d’anecdotes qui va avec : « L’un de mes meilleurs souvenirs est en relation avec un cheval nommé Keanu. Il courait habituellement sur 1.600m, comme l’avaient fait ses précédents entraîneurs. Il venait à chaque fois pour gagner mais finissait par s’arrêter. J’ai cru qu’il avait un souci, mais j’ai fait des analyses et celles-ci ne présentaient rien d’anormal. C’était incompréhensible, le cheval travaillait bien et tout semblait pour le mieux. Puis, en me renseignant sur ses origines, j’ai remarqué que toute sa famille évoluait sur de courtes distances. Nous avons recouru sur 1.600m à Fontainebleau dans une course à conditions, Keanu termine huitième, après avoir été à la lutte jusqu’à 200m de l’arrivée avec un pensionnaire de Carlos Laffon-Parias. J’ai demandé à ce dernier ce qu’il pensait de son cheval, et il m’a dit qu’il pensait qu’il avait le niveau pour gagner une Listed. Nous avons ensuite couru un handicap sur 1.200m à Chantilly. Tous les meilleurs jockeys étaient pris, sauf Cash Asmussen. Je l’ai appelé et il était d’accord mais à la condition que je lui explique pourquoi le cheval restait sur huit contre-performances. Je lui ai dit que j’étais sûr de gagner. Avant la course, tout le monde a dit à mon propriétaire que j’étais fou, il était en colère et n’a même pas voulu venir aux ordres avant la course. Nous avons gagné, j’étais félicité par beaucoup et cela avait fait un peu de bruit. Cela reste une belle anecdote. Peu avant qu’il arrête sa carrière, Cash Asmussen m’a dit : “Tu es le seul à m’avoir fait monter un cheval qui n’avait aucune chance et qui a gagné !” »

Recruter des propriétaires

La relation entre entraîneurs et propriétaires a évolué, et ceux-ci attendent davantage de leurs entraîneurs désormais : « Je veux mettre la convivialité au cœur de mon écurie, et que les portes de celle-ci soient toujours ouvertes aux propriétaires, afin qu’ils se sentent bien. C’est important car ils nous font vivre. La transparence est primordiale, j’ai pu l’observer en étant propriétaire ces dernières années. On est très souvent dans le flou. Les gens ont des chevaux pour le plaisir, il faut en être conscient. Contrairement à auparavant, les propriétaires sont plus près de leurs chevaux et sont plus présents. Ils aiment suivre, et il faut leur en donner la possibilité. L’aspect de la relation avec les propriétaires et les médias a été beaucoup évoqué durant le stage, et c’est une très bonne chose. Pour ma part, j’essaye d’aller au contact des gens afin de démarcher de nouveaux propriétaires, dès que j’en ai l’occasion. Plus jeune, j’étais timide et je n’osais pas, cela m’a fait défaut. Je crois qu’avec l’âge, nous avons davantage confiance en nous. Pour l’anecdote, Maurice Zilber était allé se présenter à Nelson Bunker Hunt, qui n’avait pas encore de chevaux en France et lui a offert un verre. Il lui a dit : “Je te fais gagner l’Arc !” Sans cela, il n’aurait jamais entraîné la championne Dahlia et quelques autres… »

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