dimanche 16 juin 2024
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Gestion de l’eau : Lyon prend les devants

EN RÉGIONS

Gestion de l’eau : Lyon prend les devants

Depuis 2020, l’hippodrome de Lyon-Parilly a réduit sa consommation d’eau de près de 50 %. Sur ce site de 35 ha, l’entretien des pistes nécessitait jusqu’à 140.000 m3 d’eau. Ce volume a été réduit en 2023 à 70.000 m3 (35 % pour le trot et 65 % pour le galop). L’objectif est d’atteindre les 50.000 m3 d’ici 2024. Comment y parvenir ?

« Nous sommes partis du constat que la ressource allait devenir problématique, nous a confié Jean-Claude Ravier, le président des Sociétés des courses lyonnaises. Nous pensions que nous allions également être dans le collimateur des maires et des intercommunalités, d’autant plus que nous avons une Métropole, à Lyon, qui est très écolo. Il fallait donc trouver une solution. Sachant que, bien entendu, pour que cela fonctionne, il faut qu’il pleuve ! (rires) »

Jean-Claude Ravier, par ailleurs membre du Comité de France Galop et président de la Commission des régions, a précisé : « Je ne voulais pas de bassine pour deux raisons : d’une part nous avons une piste de cross au milieu et, d’autre part, compte tenu des températures que l’on a eues, l’évaporation de l’eau aurait été problématique. L’an dernier, des travaux d’ampleur du côté des écuries ont été effectués dans le but de révolutionner le système de captage et de stockage des eaux de pluie et des eaux usées. Ce système permet de récupérer les eaux de pluie sur une surface d’un hectare (boxes des chevaux et parking véhicules), mais également de diriger les eaux de douches des chevaux (30 à 40 m3 par réunion) vers un dispositif de stockage composé de sept cuves en acier galvanisé de 20 mètres de long et de 2.900 mm de diamètre. Chaque cuve, installée à une dizaine de mètres de profondeur, peut contenir jusqu’à 135 m3, soit une capacité totale de réserve en eau de 945 m3, à disposition dès le début du printemps pour arroser uniquement la piste de trot et ne pas recourir à l’eau des nappes phréatiques. »

Cette installation ne nécessite aucune alimentation électrique. Elle est équipée d’un système de décantation mécanique et fonctionne uniquement par irrigation, produisant zéro émission de gaz à effet de serre.

Un projet cofinancé

Pour l’hippodrome de Lyon-Parilly, l’économie d’eau est estimée à 6.000 m3 par an, soit l’équivalent du besoin nécessaire pour couvrir 30 réunions de courses au trot. « Nous pouvons donc considérer atteindre l’autosuffisance dans cette discipline en ce qui concerne l’arrosage de la piste », a indiqué le patron des courses lyonnaises. Pour parachever le caractère durable de ce projet, un lagunage composé de plantes hélophytes et de pouzzolane permettra de dégrader naturellement les déchets spécifiques (résidus de litières, crottins, nourriture…) et servira de refuge aux espèces protégées présentes dans le parc de Parilly (batraciens, insectes, oiseaux). Au total, 2.500 tonnes de terre ont été extraites. La totalité a été criblée afin de créer un merlon dans un espace peu utilisé et ainsi créer une zone refuge supplémentaire pour la faune et la flore en lien avec la Ligue de protection des oiseaux (L.P.O). Une partie des gravats a quant à elle servi à la création d’un puits de perte de 40 m3. L’objectif est de se prémunir face à d’éventuelles inondations à l’entrée du public, comme ce fut le cas juste avant l’été 2023. Jean-Claude Ravier précise : « L’ensemble du projet s’élève à environ 400.000 €. La Région Auvergne Rhône-Alpes a revoté un plan cheval, ce qui nous a permis d’obtenir une subvention de 80.000 €. La Fédération nationale, pour sa part, nous a versé 99.750 €. Nous finançons le reste. L’important est de montrer que les hippodromes ont pris à bras-le-corps la gestion de l’eau et de la ressource de l’eau. Le prochain projet sera de mettre du photovoltaïque sur les boxes. Nous sommes en discussion très avancée sur le sujet. »

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