lundi 17 juin 2024
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Gran Diose pour “Madame Grand Steeple”

Auteuil, dimanche

Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1)

Gran Diose pour “Madame Grand Steeple”

1er GRAN DIOSE

2e GRANDEUR NATURE

3e GÉNÉRAL EN CHEF (K)

Le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) a été fidèle à sa légende. Palpitant, indécis et rempli de péripéties. Au bout des six kilomètres de course devant des tribunes bien garnies, le géant Gran Diose (Planteur) a pris sa revanche sur Grandeur Nature (Lord du Sud) qui l’avait devancé dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1) 2023. Il s’est imposé d’une encolure à 15/1. Les parieurs l’avaient boudé et, il faut bien l’écrire, la presse aussi. Mea culpa. C’était oublier un peu vite que l’objectif du cheval était le Grand Steeple et que son mentor, Louisa Carberry, n’a pas sa pareille pour faire vieillir un cheval et le préparer pour la plus grande épreuve d’Auteuil. Elle a enlevé trois Grands Steeple de Paris en cinq participations grâce au double vainqueur Docteur de Ballon (Doctor Dino), et, donc, Gran Diose. Chapeau ! Le grand favori, Juntos Ganamos (Martaline), est, lui, parti de loin au gros open-ditch et il a fait tomber son jockey, James Reveley, qui le découvrait en course.

La justesse de Clément Lefebvre

Premier jockey des chevaux de Frédéric Hinderze et de Luc Monnet depuis 2024, Clément Lefebvre a monté la course parfaite avec Gran Diose. Bien parti, le cheval a galopé derrière les leaders, mais après la chute de Juntos Ganamos, il s’est retrouvé en tête. Son partenaire l’a repris un peu à un tour de l’arrivée pour laisser Grandeur Nature, toujours bien placé, lui prendre les commandes. La piste extérieure s’est parfaitement passée, mais dans le tournant final, Gran Diose a reculé, passant troisième. Il a pu souffler avant de se relancer dans la ligne droite. Au saut de la dernière haie, quatre chevaux étaient presque sur la même ligne : Gran Diose, Grandeur Nature, Général en Chef (K) (Martaline) et In Love (K) (Great Pretender). Dans les cent derniers mètres, Gran Diose s’est assuré le meilleur en dernier attaquant, comme Grandeur Nature dans La Haye Jousselin 2023, et il a donc pris sa revanche sur ce dernier sur un bon terrain qu’il apprécie. Son partenaire nous a dit : « J’ai travaillé le cheval la semaine dernière et il était splendide. J’ai abordé la course très sereinement, en ayant confiance en Louisa et le cheval. Elle m’avait dit “surtout ne vas pas devant” mais il a été cool et j’ai pu le reprendre. »

L’aboutissement d’une vie

Coéleveur et copropriétaire de Gran Diose, avec son fils et Luc Monnet, Frédéric Hinderze nous a déclaré : « Quel parcours ! Quelle patience aussi ! Nous avons attendu très longtemps pour ce cheval. Louisa et Philipp Carberry y ont toujours cru. À fond. Nous aussi qui l’avons fait naître. C’est l’aboutissement d’une vie. L’année dernière, nous avons renoncé car il n’était pas à 100 %. Cela nous a donné raison. Et nous sommes revenus cette année encore plus préparés. Sans certitude, mais en confiance. Les amis sont là. C’est le bonheur. Tout ça grâce à un cheval extraordinaire. »

Made In “Royer Dupré”

Les “anciens” de chez Alain de Royer Dupré brillent de 1.000 feux. Une semaine après la Poule de Francis Henri Graffard, c’est au tour de Louisa Carberry. Le maître cantilien nous a confié : « C’est Brough Scott, le journaliste, qui m’a téléphoné pour me parler d’elle en exposant le fait qu’elle montait à haut niveau en concours complet. Quand je l’ai vue à l’aéroport, je me suis posé quelques questions du fait de sa grande taille. Mais une fois à cheval, le lendemain, tous les doutes étaient levés ! C’est une remarquable cavalière. Et désormais un entraîneur hors pair. Ce fut un plaisir de l’avoir à la maison. Sa formation de base est excellente. J’aime beaucoup les gens qui viennent de l’équitation classique. Il faut dire que récupérer un cheval comme Gran Diose, ce n’est pas facile, car il a eu un passage à vide. C’est du très bon travail. Il faut être capable de sentir les choses pour parvenir à un tel résultat. »

Formidable Grandeur Nature !

Sur une piste rapide pour lui et monté plus près qu’à l’accoutumée, Grandeur Nature a fait sa course, étant battu par meilleur. Contrairement à La Haye Jousselin, il a été le premier attaquant et Gran Diose le second, alors qu’il est plus fort en attaquant en dernier. Mais sa performance est très bonne et l’écart entre Gran Diose et Grandeur Nature est très bon. Nicolas de Lageneste (haras de Saint-Voir), propriétaire et coéleveur de Grandeur Nature, mais aussi de Général en Chef, troisième, et de Jojo Lapin (Cokoriko), tombé, nous a dit : « Grandeur Nature a été formidable ! Il ne démérite absolument pas. Il a fait sa course, il n’y a rien à dire. Comme l’a déclaré Arnaud [Chaillé-Chaillé, ndlr], il est bien mieux en terrain lourd et, si tel avait été le cas, son entraîneur pense qu’il n’y aurait pas eu photo. Rendez-vous à l’automne dans le Prix La Haye Jousselin ! Il devrait suivre un chemin similaire en vue de ce rendez-vous, avec une rentrée en haies puis la belle, il est bien ainsi. Et rendez-vous l’an prochain pour le Grand Steeple-Chase de Paris… en espérant de la pluie ! Je suis très content de voir Général en Chef revenir à son meilleur niveau. Il est compliqué et ses entraîneurs ont vraiment fait un excellent travail avec lui. C’est une grande satisfaction. Concernant Jojo Lapin, c’est dommage. Le cheval était absolument magnifique mais je pense qu’il a dû cogner le rail lors de sa chute. Il semble aller bien. »

Général en Chef se retrouve

Après avoir refusé le départ dans le Prix Ingré (Gr2), Général en Chef est bien parti et s’est fait oublier toute la route. Son jockey, Benjamin Gelhay, a prouvé toute sa qualité une fois encore, en surgissant dans le dernier kilomètre. Entre les deux derniers obstacles, Général en Chef a fait illusion pour la victoire, pour finalement passer le poteau en troisième position. Il a prouvé qu’il savait attendre et finir, et c’est prometteur pour l’avenir. Son co-entraîneur, Noel George, nous a confié : « Benjamin [Gelhay, jockey de Général en Chef, ndlr] a monté une course de rêve. Je suis très content pour toute l’équipe. C’est un très bon cheval et il le montre aujourd’hui. Il a tout donné dans cette course, il était fatigué après le poteau d’arrivée. Désormais, il va partir en vacances et nous le reverrons cet automne. C’est un cheval caractériel, aussi bien le matin que l’après-midi, mais il est très qualiteux. » La casaque d’Andrew Peake a conclu troisième avec Général en Chef, mais aussi quatrième avec In Love, qui a très bien terminé dans les 1.000 derniers mètres. Mentor d’In Love, Hugo Merienne nous a déclaré : « C’est incroyable pour Andy [Peake, ndlr]. J’y ai cru dans le dernier tournant, je pensais que nous allions réussir à le faire ! In Love fait une super course, nous sommes battus par des très bons chevaux… » Amy du Kiff (Kapgarde) et Gold Tweet (On Est Bien), pas heureux dans le tournant final, ont conclu respectivement cinquième et sixième. Leur mentor, Gabriel Leenders, nous a dit : « Peut-être que nous sommes battus par meilleurs. C’était une belle course. Bravo à Louisa ! »

Sa deuxième mère est placée de Listed à Auteuil

Gran Diose est un fils de Planteur (Danehill Dancer), stationné outre-Manche à Chapel Stud, et de Noanoa (Walk in the Park), gagnante de deux handicaps consécutifs à 4ans sur les haies d’Auteuil et deuxième d’un Quinté sur les haies d’Enghien. Il est son premier produit. Noanoa a une 7ans, Canichette (Prince Gibraltar), gagnante du Prix de la Gascogne (Gr3) sur le steeple de Compiègne pour Louisa Carberry. Elle a aussi une 3ans, L’Évidence (Motivator). Noanoa, désormais stationnée au haras du Cadran… vient de donner naissance à un produit de Planteur ! 

La deuxième mère, Vavéa (Saint des Saints), s’est placée à cinq reprises en six sorties en obstacle, à 3ans, terminant notamment troisième du Prix d’Iéna (L). Outre Noanoa, on lui doit notamment Arenui (Masterstroke), vainqueur à 3ans sur les haies de Cagnes-sur-Mer et deuxième du Prix André Massena (L), et Tjongejonge (Blue Brésil), lauréat de deux courses consécutives à 4ans sur les haies de Lyon-Parilly avant d’être exporté en Angleterre, où il a remporté un handicap sur les fences.

Louisa Carberry : « Le but était vraiment le Grand Steeple. Pas avant ! »

À la descente du podium, sur la piste, Louisa Carberry nous a accordé une longue interview sur la “fabrication” de Gran Diose et sa victoire dans le Grand Steeple.

Jour de Galop. – Qu’est ce que représente cette troisième victoire de Grand Steeple avec Gran Diose qui est complètement différent de Docteur de Ballon ?

Louisa Carberry. – C’est ça qui est sympathique : Gran Diose et Docteur de Ballon sont différents. Ils sont bons tous les deux, mais différents physiquement, mentalement et de par leur talent. Je n’aime pas comparer les chevaux, mais je pense qu’il faut les admirer, les aimer chacun dans leur individualité. Docteur est petit, alezan, avec une pointe de vitesse incroyable. Gran Diose est bai, il a une grande action et c’est un superbe sauteur. Il a un cœur plus gros que lui alors qu’il est déjà très grand (rires) !

Plus jeune, il avait du mal à tenir les 4.400m, comme vous nous l’avez dit. Aviez-vous une crainte pour la distance ?

À 5ans, il était tellement grand et pas venu qu’il avait du mal à finir les 4.400m. Nous avions des doutes et nous nous demandions si ce n’était pas un cheval de two miles comme l’ont dit en Angleterre. À 6ans, nous l’avons mis à Compiègne pour courir sur plus court et sur des parcours avec plus de vitesse. Cela s’est très bien passé. Nous l’avons mis en confiance à Compiègne. En fin d’année 2022, il avait remporté le Prix Georges Courtois (Gr2). Tous ces éléments ont aidé à le fabriquer, à le finir, pour qu’il puisse tenir les 6.000m. 

Comment avez-vous vécu la course ?

Nous nous étions dit que nous partions derrière les leaders. Mais j’ai eu peur lorsque nous avons perdu Juntos Ganamos. S’il est tout seul, Gran Diose peut être timide sur les obstacles. Son jockey a bien fait de le reprendre pour que Grandeur Nature vienne à côté de lui pour l’aider. Tout cela l’a aidé pour le deuxième tour de piste. Il l’a laissé respirer dans le dernier tournant. Il y avait beaucoup de monde, la course s’annonçait passionnante et notre cheval avait ce qu’il fallait pour résister jusqu’au poteau. 

Au final, vous avez vraiment construit Gran Diose, à l’anglaise…

Oui ! Ca me fait plaisir parce que cette année, le but était vraiment le Grand Steeple. Pas avant ! Il était cinquième pour sa rentrée mais je savais qu’il était un peu court en travail. Tout le monde m’avait dit qu’il était peut-être moins bon, mais j’ai répondu qu’il n’était pas prêt. Nous visions le 19 mai, pas avant ! Trois semaines plus tard, dans le Prix Murat (Gr2), il était bon troisième tout en démontrant qu’il avait besoin de ça pour finir. Il était sur la bonne voie. Mais un cheval grand comme Gran Diose, il ne fallait pas l’avoir au top il y a deux mois. 

L’histoire avec Frédéric Hinderze et Luc Monnet, les copropriétaires et coéleveurs de Gran Diose, est aussi très belle…

Il me semble que leur premier cheval était Noanoa (Walk in the Park), la mère de Gran Diose. À la fin de la carrière de leur jument, ils se sont mis à faire de l’élevage et ils ont essayé avec Planteur (Danehill Dancer) qui était un bon cheval de course. Ça a fait Gran Diose ! Elle a eu aussi Canichette, c’est pas mal ! Comme pour Docteur, cela fait très plaisir de gagner pour des propriétaires-éleveurs français, avec un sauteur né dans l’Ouest.

L’an dernier, vous n’aviez pas pu courir Gran Diose dans le Grand Steeple, vous y avez pensé ?

Il devait courir la deuxième préparatoire, mais il a eu un suros. Puis il a couru, moins bien, mais il était positif à un virus. Nous aurions pu tenter le Grand Steeple 2023, mais nous aurions fait une erreur. Lorsqu’il a couru les Drags, c’était en fin de saison, et il était fatigué. Tout le monde était déçu de ne pas courir le Grand Steeple 2023, mais j’ai de bons propriétaires qui sont des hommes de chevaux. Ils ont tout de suite compris. Cette année, nous récoltons les fruits de notre sagesse l’an dernier. Ce n’est pas tous les jours que ça se passe. Lorsque Docteur de Ballon était tombé, je pensais que c’était ma seule opportunité de gagner le Grand Steeple. Je voudrais aussi remercier tout le personnel du centre d’entraînement de Senonnes qui a su garder les pistes en magnifique état. À Senonnes, on peut travailler comme il faut.

L’une des autres histoires de ce Grand Steeple, c’est la collaboration avec Clément Lefebvre…

Il a été choisi par les propriétaires. James Reveley a fait beaucoup de travail avec Gran Diose. Merci aussi à lui car il a fait beaucoup pour ce cheval pour l’amener au plus haut niveau. Et merci à Clément Lefebvre qui a pris le relais et l’a très bien fait !

Danehill 

Danehill Dancer

Mira Adonde

Planteur

Giant’s Causeway

Plante Rare

Palmeraie

GRAN DIOSE (H8)

Montjeu

Walk in the Park

Classic Park

Noanoa

Saint des Saints

Vavea

Bonoua

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