mercredi 24 juillet 2024
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Ahmad Al Shaikh, l’homme qui rêve du Derby dans les Guinées

Ahmad Al Shaikh, l’homme qui rêve du Derby dans les Guinées

Samedi, les couleurs d’Ahmad Al Shaikh seront au départ des 2.000 Guinées avec Dubai Mile, le lauréat du Critérium de Saint-Cloud (Gr1). Le poulain aurait plutôt dû être nommé Dubai Twelve Furlongs ! Car ce qui fait courir ce Dubaïote, ce sont les longues distances mais aussi un rêve, celui de gagner le Derby d’Epsom.

Anne-Louise Echevin

ale@jourdegalop.com

Le Derby en vue… mais des ambitions dans les Guinées

Entraîné par Charlie Johnston, qui a pris la suite de son père, Mark, Dubai Mile (Roaring Lion) va faire sa rentrée samedi dans les 2.000 Guinées (Gr1). C’est sur les 2.000m du Critérium de Saint-Cloud qu’il a décroché son premier titre de gloire mais attention, sur les 1.600m de Newmarket, juste auparavant, il avait conclu deuxième des Royal Lodge Stakes (Gr2). Le Rowley Mile ne lui posera pas de problème. Ahmad Al Shaikh nous a expliqué : « Nous avons pensé que les 2.000 Guinées étaient la meilleure course pour lui en vue du Derby d’Epsom. La distance pourrait être un peu courte mais nous y allons avec des ambitions. À Saint-Cloud, il avait réalisé une grande performance et, après cette victoire, nous avons commencé à rêver grand. Le poulain a un cœur énorme. Le Derby d’Epsom est mon rêve absolu. J’ai conclu deux fois deuxième de la course, avec Hoo Ya Mal (Territories) l’an passé et Khalifa Sat (Free Eagle) en 2020. Selon moi, Dubai Mile est le meilleur cheval que j’aie jamais eu en quinze ans de propriétariat et ma meilleure chance de gagner le Derby. »

Le rêve plutôt que la vente

Dubai Mile aurait pu passer sur le ring de Tattersalls quelques jours après le Critérium de Saint-Cloud. Son propriétaire l’a finalement retiré : « Il y a eu la victoire de Gr1 et j’ai changé mes plans. Je suis certain que nous aurions pu le vendre à un prix élevé mais il y a le sport et les rêves… Il a le profil pour devenir étalon dans le futur si tout va bien, pourquoi pas en France ! C’est un poulain très dur et, s’il pleut pour les Guinées, ses chances vont encore augmenter. Charlie Johnston rêve encore plus que moi de la course (rires) ! Il est sous pression. J’aime beaucoup travailler avec cet entraîneur. C’est quelqu’un de bien, il donne énormément de nouvelles des chevaux, c’est très agréable. C’est une belle histoire. Dubai Mile a été acheté 20.000○€ à la Goffs Orby Sale par Mark Johnston. Personne n’en voulait visiblement. En général, je repère moi-même les chevaux qui m’intéressent mais il arrive qu’un de mes entraîneurs m’appelle pour me dire qu’il en a trouvé un susceptible de m’intéresser. » Et si vous voulez convaincre Ahmad Al Shaikh de mettre un poulain chez vous, il y a une phrase magique : avoir trouvé un poulain qui pourra tenir.

Plus c’est long…

N’essayez pas de vendre un 2ans rapide et précoce à Ahmad Al Shaikh. Ce n’est pas cela qui le fait rêver : « J’aime vibrer le temps d’une course et donc plus c’est long, plus j’ai le temps d’apprécier. Un sprint qui dure une minute c’est bien trop rapide pour moi. J’ai cependant eu un bon sprinter avec Emaraaty Ana [gagnant des Gimcrack Stakes sous sa propriété avant de passer sous celle du cheikh Obaid Al Maktoum, ndlr] mais je préfère une course sur 2.400m qui me donne plus le temps d’apprécier la course. Et je choisis des entraîneurs qui aiment ce type de chevaux. Le cas par exemple de James Ferguson, qui a pris la deuxième place du Jockey Club l’an dernier avec El Bodegon (Kodiac). Il aime les chevaux de tenue et nous avons donc décidé de travailler ensemble. Andrew Balding apprécie également ce type de chevaux. Il entraîne notamment un produit de Saxon Warrior que j’ai acheté à Deauville l’an dernier [nommé Al Shabab, ndlr]. Je pensais qu’il aurait le profil pour faire les 2.400m mais Andrew Balding m’a dit qu’il avait finalement de la vitesse (rires). J’ai actuellement seize chevaux à l’entraînement en Grande-Bretagne et trois à Dubaï. Si un entraîneur français aime les chevaux de 2.400m… »

Tout a commencé par un cadeau du cheikh Mohammed Al Maktoum

Son aventure de propriétaire a commencé en 2006. Ahmad Al Shaikh est alors aux ventes, à Newmarket, en compagnie du cheikh Mohammed Al Maktoum, qu’il connaît par son travail – entrepreneur dans l’immobilier, il a aussi été à la tête de Dubai Media Incorporated. « Je connais le Cheikh Mohammed Al Maktoum par mon travail. Nous étions aux ventes à Newmarket, il a acheté une pouliche et il m’en a fait cadeau… Elle a été mon premier cheval de course et c’est ainsi que tout a commencé… » Et le rêve du Derby avec…

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